28 décembre 2010

Défi 2010: BILAN

1. ABOUET & OUBRERIE Aya de Yopougon t.1 ++++
2. MILENA AGUS Mal de pierre +++++ 3. HELENE BERR Journal +++++
4. PHILIPPE BESSON Un homme accidentel ++++
5. BOILEAU-NARCEJAC L'ombre et la proie +++
6. ANDREA CAMILLERI Un filet de fumée ++++
7. EMMANUEL CARRERE D'autres vies que la mienne +++++
8. LAURENT CHALUMEAU Un mec sympa +++
9. JACQUES CHESSEX L'ogre ++++
10. PHILIPPE CLAUDEL Le rapport de Brodeck +++
11. FRANCISCO COLOANE Cap Horn +++++
12. DABITCH & FLAO La ligne de fuite +++
13. CHLOE DELAUME Le cri du sablier ++++
14. AGNES DESARTHE Un secret sans importance +++
15. YA DING Le Cercle du Petit Ciel ++++
16. EMMANUEL DONGALA Jazz et vin de palme +++++
17. JEAN-PAUL DUBOIS Hommes entre eux ++
18. CARYL FEREY Haka +++
19. PIERRETTE FLEUTIAUX Des phrases courtes, ma chérie +++-
20. GUIBERT & LEFEVRE & LEMERCIER Le photographe (trilogie)+++++
21. MATTI YRJÄNÄ JOENSUU Harjunpää et les lois de l'amour +++
22. THIERRY JONQUET Le manoir des immortelles +++
23. LAURA KASISCHKE A moi pour toujours ++++
24. GILLES LEROY Alabama song ++++
25. JEAN-PATRICK MANCHETTE La position du tireur couché +++-
26. CAROLE MARTINEZ Le coeur cousu +++++
27. AMISTEAD MAUPIN Nouvelles chroniques de San Francisco ++++
28. DANIEL MAXIMIN L'isolé soleil ++++
29. HUBERT MINGARELLI La promesse +++
30. PATRICK MODIANO Dimanches d'août +++++
31. MARIE N'DIAYE Trois femmes puissantes ++++
32. IRENE NEMIROVSKY Chaleur du sang +++++
33. PASCALE ROZE Le chasseur Zéro ++++
34. JEAN-CHRISTOPHE RUFIN L'Abyssin ++
35. ELIF SHAFAK La Bâtarde d'Istanbul ++++
36. POSY SIMMONDS Gemma Bovery +++++

37. FRANK TALLIS Les mensonges de l'esprit ++++
38. JIRÔ TANIGUCHI Le sauveteur +++
39. JACQUES TARDI La véritable histoire du Soldat Inconnu ++-
40. SYLVIE TESTUD Gamines +++-

L'escargot nous emmène vers les posts de chaque livre.


27 décembre 2010

40/40: La véritable histoire du soldat inconnu

++-
Un auteur de polars se retrouve confronté aux personnages qu'il a créés et maltraités dans ses romans. Ceux-ci se vengent de l'auteur dans une ambiance glauque et cauchemardesque. On a déjà les personnages que Tardi redessinera dans les BD à venir comme dans Adèle Blanc-Sec et la série sur la Commune de Paris.

La deuxième histoire "La bascule à Charlot" me parait sans queue ni tête, d'ailleurs le personnage la perd, difficilement, à la fin...

FIN DU DEFI 2010!!!!!!!!!!!!!!

21 décembre 2010

39/40: Dimanches d'août

+++++

Le livre s'ouvre à Nice, sur les retrouvailles tendues entre le narrateur, photographe d'art, et M. Villecourt, camelot. "En sept ans, il n'avait pas beaucoup changé: seul son teint me semblait plus rouge."

L'ombre de "Sylvia" plane au-dessus de ces deux solitudes...

Une histoire d'amour? oui, mais non, pas seulement... Un polar? oui, mais non... Modiano nous dévoile par petites touches le drame tout en laissant de nombreuses questions sans réponses. J'ai adoré!

p. 99:

"[Et puis l'air est quelquefois si doux sur la Côte d'Azur en hiver, le ciel et la mer si bleus, si légère la vie par un après-midi de] soleil le long de la route en corniche de Villefranche, que tout vous semble possible: les chèques des banques anglaises de Monaco qu'on vous fourre dans les poches et Errol Flynn tournant sur le manège du jardin Albert Ier."

20 décembre 2010

38/40: Gamines

+++-

Souvenirs d'enfance, d'en France, d'une époque. Elle est blonde alors que toute la famille donne dans le brun italien, elle est le garçon manqué des trois soeurs...

Portrait de famille tendre, drôle. J'ai passé un très bon moment.

p.99:

"Nous sommes assises dans le car parce que nous partons en colonie de vacances. Je voulais qu'on s'assoie à l'arrière, Corinne a refusé.

Ma grande soeur pleure en silence. Je ne sais pas comment elle se débrouille pour pleurer si longtemps. Elle trouve que c'est horrible de partir en colonie, comme les enfants abandonnés. Même si c'est pour unebonne raison: une nouvelle chambre. Maman a versé un acompte pour les travaux. Elle nous a montré les plans. Elle va faire mettre des croisillons au-dessus du demi-mur. Corinne aura sa chambre. Geogeo et moi, on n'aura pas de fenêtre, mais on aura de la lumière grâce aux croisillons. On a choisi une jolie tapisserie! Tout sera prêt pour notre retour.

Nous partons en Vendée, à Pornic.

Georgette aide ma grande soeur à pleurer, ça se voit. Elle pleure avec sa bouche, mais ses yeux ne pleurent pas.

Moi, je suis content de partir en colo. Tristan et Estelle y vont tous les ans. L'année dernière, ils ont nagé en dehors du périmètre! Ils se sont fait attraper par les monos. On va bien s'amuser."

37/40: Le chasseur Zéro

++++
Titre étrange, éclairci dès les premières lignes... Je connaissais vaguement le nom de l'auteure puisqu'elle anime sur France Inter... Heureuse découverte!
La narratrice est orpheline de père et la mère s'est murée dans la douleur de cette perte. La petite fille est donc élevée par des grands-parents qui lui offrent une enfance grise et triste.
C'est vers 12 ans qu'elle a commencé à entendre un ronronnement. Ce bruit s'installe en elle, espèce d'acouphène rendant sa vie encore plus pathétique. Adolescente, elle découvre que son père américain a été tué lors d'une attaque de kamikaze pendant la guerre du Pacifique...
L'auteure raconte la douleur et l'obsession de son personnage. D'abord psychologique, elle prend corps et l'envahit jusqu'au tragique.
Très belle écriture.
p.99:
"[On dit que] ceux qui sentent venir la mort suent d'angoisse. La peau de Tsurukawa est sèche. Soudain, quelqu'un éteignit toutes les lumières et mit sur le pick-up Only you. Couvre-feu. Seul le halo de la grande roue projetait quelques lueurs dans l'appartement comme un très lointain incendie. Mon cavalier se rapprocha de moi et je commençai d'étouffer. Le baiser était imminent. Par-dessus son épaule je cherchai Tsurukawa. Les boutons dorés de sa tunique brilleraient peut-être dans l'obscurité. Je ne vis rien. Alors j'eus la certitude absolue qu'il avait lui-même éteint la lumière pour mieux me surprendre. Cette fois il allait me tuer, cette fois j'allais mourir. Mon coeur se mit à sauter dans ma poitrine. Je voulus crier qu'on rallume mais j'avais déjà la gorge nouée. J'étais déjà nouée et les yeux durcis, sauf mes oreilles qui commençaient avidement de sonder l'espace. Je ne pouvais plus danser. Mon cavalier ballottait un bout de bois. Sous mes pieds je sentais les trépidations du moteur. Tout à l'heure, le bruit du chasseur Zéro m'avait fugitivement [traversé la tête...]"

36/40: Gemma Bovery

+++++
Gemma, qui vient de se faire larguer, rencontre puis épouse Charlie Bovery. Pour fuir l'ex-femme et les 2 enfants, omniprésents, le couple anglais s'installe en Normandie. Tranquillité retrouvée, charme de la France et de ses habitants...Mais l'ennui ne tarde pas à s'imposer.

Ça ressemble à du Gustave Flaubert et c'est une Emma Bovary contemporaine, "relookée" en BD. J'ai adoré ce qu'en a fait Posy Simmonds. La modernité va à ravir à ce classique. Beaucoup de texte à lire, mais l'effort est vite récompensé, ça fourmille de trouvailles graphiques: un régal!
p.99:

35/40: La Bâtarde d'Istanbul

++++

Côté Istanbul: la famille Kazanci, dont les hommes sont absents, peut-être victimes d'une malédiction de génération en génération, mais dont les femmes sont hautes en couleurs. Dernière née: Asya.

Côté Etats-Unis: la famille Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés dans les années 20. Barsam et Rose ont donné naissance à Armanoush, ce qui ne les a pas empêchés de divorcer. Par pure provocation, Rose se remarie avec Mustafa Kazanci.

A la recherche de son histoire Armanoush va tisser les liens qui vont unir les deux familles...

Un peu d'histoire, beaucoup d'humour: grand plaisir de lecture.

p.99, extrait:

"D'une manière générale, elle évitait de parler de son beau-père à ses amis arméniens. Elle n'en parlait pas plus à ses amis non arméniens, d'ailleurs - pas même à ceux qui se foutaient totalement de l'histoire du conflit turco-arménien. Sage pour son âge, elle savait que les secrets se répandaient plus vite que la poussière, dans le vent, et qu'en taisant l'extraordinaire, elle laissait supposer le banal. Sa mère était une odar, quoi de plus normal pour elle que d'épouser un odar? Ses amis pensaient que son beau-père était américain, sans doute du Midwest.

Elle passa devant le Bed & Breakfast "gay-friendly" de Turk Street, longea une épicerie spécialisée dans les produits du Moyen-Orient, traversa un petit marché thaï et se promena au milieu de la foule hétéroclite avant d'attraper un tramway pour Russian Hill. Le front contre la vitre poussiéreuse de son wagon, elle réfléchit à "l'alter ego" des Labyrinthes de Borges en regardant le fin brouillard s'élever à l'horizon. Elle aussi avait un double qu'elle maintenait à quai en permanence."


34/40: Chaleur de sang

+++++
Les histoires d'amours présentes renvoient aux plus anciennes. La fille chérie va épouser l'homme qu'elle aime et demande "Maman, raconte-moi tes fiançailles avec papa". On baigne en plein romanesque tendre. Mais bientôt de révélations en révélations, on découvre les passions présentes ou passées, mais toujours cachées de ces âmes à l'apparence si tranquilles.
p. 99
"Le hasard voulut qu'il prononçât ces paroles dans un silence subit, ce qui fit qu'elles résonnèrent si fort que tout le monde en fut frappé. Colette, très pâle tout à coup, se taisait. Mais son père demanda avec surprise:
- Que veux-tu dire, petit?
- Je veux dire, je veux dire que si quelqu'un a oublié ici comment qu'a péri monsieur Jean, moi, je m'en souviens.
- Personne n'a oublié, dis-je, et je fis signe à Colette de se lever et de quitter la table, mais elle ne bougeait pas.
François se douta de quelque chose, mais, comme il était à mille lieues de supposer la vérité, au lieu de faire taire le gamin, il se pencha vers lui et il l'interrogea anxieusement:
- Tu veux dire que tu as vu quelque chose cette nuit-là? Parle, je t'en prie. C'est très grave.
- Faites pas attention. Vous voyez bien qu'il est saoul, dit le maître du Maluret.
Sapristi, pensais-je, ils savent, ils savent tous. Mais si cet imbécile ne parle pas, jamais ils n'en souffleront mot! Nos paysans ne sont pas bavards et craignent comme le feu d'être mêlés à quelque histoire qui ne les concerne pas. Mais ils savaient; ils baissaient tous les yeux avec gêne.
- Allons, tiens-toi, dit rudement le Maluret, tu as assez bu. On retourne au travail.
Mais François, très ému, saisit le garçon par la manche.
- Ecoute. Ne t'en va pas. Tu sais quelque chose que nous ignorons, j'en suis sûr. J'ai souvent pensé que cette mort n'était pas naturelle, on ne tombe pas dans l'eau par mégarde en traversant une passerelle que l'on connaît depuis l'enfance [...]"

33/40: Le sauveteur

+++
Shiga est gardien de refuge dans les Alpes japonaises. Il y a treize ans, son ami Sakamoto lui a demandé, avant de mourir, de veiller sur sa femme et sa fille. Une tâche dont Shiga n'a pas eu à s'acquitter, jusqu'au jour où l'épouse de Sakamoto vient solliciter son aide pour retrouver sa fille disparue. Shiga quitte alors sa montagne et se retrouve rapidement à Shibuya, l'un des quartiers chauds de Tokyo.
On est embarqué dans ce polar urbain, même si ce manga est le moins émouvant de ceux que j'ai lus de Taniguchi.
p.99:

32/40: L'isolé soleil

++++
De l'époque coloniale et esclavagiste au monde contemporain, Daniel Maximin brosse l'histoire des Antilles que moi, Française blanche de France, j'avoue ignorer dans les grandes largeurs! L'histoire enseignée à l'école est à ce sujet largement insuffisante voire inexistante. Un tel degré d'ignorance (volontaire?) est une honte. Pas assez nombreux?, si loin?, au point qu'on ne leur accorde pas d'importance?
Je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout du livre, du moins pas encore, malgré l'intérêt que j'y porte (166p. sur 284...) mais j'ai bien l'intention de le reprendre. L'écriture riche, poétique et parfois abstraite demandait des efforts qu'après la journée de travail je n'arrivais pas à fournir, j'avais un peu de mal à me concentrer pour aborder ce "nouveau monde" et j'avais l'impression de passer à côté. Je le reprendrai et le finirai à tête reposée!

1er paragraphe:
"Un vol de colibris s'est posé en pleine mer pour soigner ses ailes brisées au rythme du tambour-Ka: Marie-Galante et Désirade, Karukéra, Madinina... îles de liberté brisées à double tour, la clé de l'une entre les mains de l'autre.Antilles de soleil brisées, d'eaux soufrées, de flamboyants saignées, mais sans une seule page blanche dans le feuilleton des arbres."
p. 99, extrait:
"Je ne pourrai aimer que quand j'aurai aussi décolonisé mon corps.
Je,
tu,
île,
aile,
Il faut faire avec ce que l'on EST.

8. Immigrés de première classe

Ce jour-là, Antoine et moi dégustions un sorbet-poire que nous avions fait arroser d'alcool du même fruit, sous le regard attentif et discrètement étonné de vieux couples vieille France, pareil à celui que l'on porte lorsque paraît l'animal apprivoisé, qui a appris à sourire, à se tenir sage et poli hors de sa cage. Leurs sourires esquissaient un appel de reconnaissance complice. Mais je sentais entre eux et nous une distance, large, comme un siècle, inutile à remonter pour moi qui étais à l'avant. Ils étaient prêts à nous admettre pour notre innocence, alors que nous étions si loin de leur naïveté.
Une heure plus tard, chez un disquaire, je dénichai quelques occasions rares dans le nouveau rayon antillais, en particulier un enregistrement public de Steel Band de Trinidad, dont la pochette contenait un texte de présentation en trois langues destiné aux curieus européens:
"Le calypso est la musique originale propre aux Antilles. Elle a su capté tout le côté magique et féerique de ces îles, et elle reflète admirablement le tempérament heureux et insouciant des insulaires de la mer Caraïbe. Il est réconfortant de penser que les Antillais en Europe demeurent fidèles à la musique de leur pays d'origine. Les harmonies remarquablement gaies d'un calypso reflètent le caractère même de l'Antillais: heureux, insouciant, mais aussi très sensible. Malgré les nombreux et constants obstacles qu'il rencontre, l'Antillais ne se décourage pas: il n'en demeure pas moins courtois."
En payant, je rendis son sourire à la jeune caissière courtoise [...]"

19 décembre 2010

Pub: La gare à jeux

Accueil chaleureux, jeux originaux, souvent moins chers:
Parlons-en!!!
Cliquer sur l'affiche ou le titre de ce post pour aller voir le site qui évolue régulièrement.

Mon Beauf est devenu fououou!


Qui veut un vélo n'a qu'à lui demander, il en connait un rayon.
Warf, warf, warf!!!!

24 octobre 2010

31/40: La position du tireur couché

+++

4e de couverture:"Martin Terrier était pauvre, esseulé, bête et méchant, mais pour changer tout ça, il avait un plan de vie beau comme une ligne droite. Après avoir pratiqué dix ans le métier d'assassin, fait sa pelote et appris les bonnes manières, il allait rentrer au pays retrouver sa promise et faire des ronds dans l'eau... Mais pour se baigner deux fois dans le même fleuve, il faut que beaucoup de sang passe sous les ponts."


Tueur à gages pour une compagnie du genre CIA, le héros décide d'arrêter parce qu'il a suffisamment gagné d'argent pour enfin réaliser son objectif. Ce tueur sans scrupules nous découvre un coeur d'ado.
L'intrigue nous tient en haleine, il y a des idées excellentes mais je n'accroche pas à certains passages vers la fin ce qui a un peu gâché mon plaisir!
Il utilise plusieurs fois "de loin en loin", drôle d'expression, non?

30/40: Le coeur cousu

+++++
Merci à Jojo de m'avoir conseillé ce livre!
Entre réel et merveilleux, entre épopée familiale et conte, l'histoire s'attache à une famille portée par des femmes à la fois magiciennes et sorcières dans l'Espagne du XIX e siècle. Les hommes n'y ont pas souvent le beau rôle...
L'écriture, belle, riche et imaginative, nous plonge dans un autre monde.
Extrait:

"Commença alors pour ma mère la période des fils de couleurs.
Ils avaient fait irruption dans sa vie, modifiant le regard qu'elle portait sur le monde.
Elle fit le compte : le laurier-rose, la fleur de la passion, la chair des figues, les oranges, les citrons, la terre ocre de l'oliveraie, le bleu du ciel, les crépuscules, l'étole du curé, la robe de la Madone, les images pieuses, les verts poussiéreux des arbres du pays et quelques insaisissables papillons avaient été jusque-là les seuls ingrédients colorés de son quotidien. Il y avait tant de bobines, tant de couleurs dans cette boîte qu'il lui semblait impossible qu'il existât assez de mots pour les qualifier. De nombreuses teintes lui étaient totalement inconnues comme ce fil si brillant qu'il lui paraissait fait de lumière. Elle s'étonnait de voir le bleu devenir vert sans qu'elle y prenne garde, l'orange tourner au rouge, le rose au violet.
Bleu, certes, mais quel bleu ? Le bleu du ciel d'été à midi, le bleu sourd de ce même ciel quelques heures plus tard, le bleu sombre de la nuit avant qu'elle ne soit noire, le bleu passé, si doux, de la robe de la Madone, et tous ces bleus inconnus, étrangers au monde, métissés, plus ou moins mêlés de vert ou de rouge.
Qu'attendait-on d'elle ? Que devait-elle faire de cette nouvelle palette qu'une voix mystérieuse lui avait offerte dans la nuit ?
Bombarder de couleurs le village étouffé par l'hiver. Broder à même la terre gelée des fleurs multicolores. Inonder le ciel vide d'oiseaux bigarrés. Barioler les maisons, rosir les joues olivâtres de la mère et ses lèvres tannées. Elle n'aurait jamais assez de fil, assez de vie, pour mener à bien un tel projet.
Elle se rabattit donc sur l'intérieur de la maison.
"

Un petit bijou.

29/40: Alabama Song

++++
Histoire du couple scandaleux Zelda et Scott Fitzgerald, mais vu de l'intérieur.

"Il en est qui se cachent pour voler, pour tuer, pour trahir, pour aimer, pour jouir. Moi, j'ai dû me cacher pour écrire. J'avais vingt ans à peine, que déjà je tombai sous l'emprise - l'empire- d'un homme à peine plus vieux que moi qui voulait décider de ma vie et s'y prit très mal."

C'est à Zelda que l'auteur donne la parole, la plus victime des deux, celle dont on a tenté
d'étouffer le talent. On y a pratiquement réussi puisqu'elle s'est retranchée dans la drogue et la "folie" mais elle a laissé quelques traces: des toiles et un roman "Accordez-moi cette valse"...

Ce roman est le Prix Goncourt 2007.

12 octobre 2010

28/40: Nouvelles chroniques de San Francisco

+++++
A quand une série télévisée inspirée de ces chroniques?
Personnages haut en couleur, au coeur de San Francisco, où j'ai retrouvé quelques endroits parcourus cet été.
Très sympa! Apparemment, l'épisode 2 est le préféré des lecteurs des Chroniques mais je dois me procurer les autres !!!

Hors défi

++++
Ce que je préfère chez Amélie Nothomb, ce sont ses livres autobiographiques.
C'est le cas ici. Un peu avant de vivre ce qu'elle nous a raconté dans "Stupeur et tremblements", c'est à dire ses débuts dans la vie active au sein d'une entreprise japonaise, elle rencontre le fiancé un peu trop parfait.
Humour, autodérision. Divertissant et grave.
Le voyage aux Etats-Unis a été un moment de lecture nul. J'avais pourtant emporté quelques livres... et c'est lourd dans les bagages!
C'est avec ce livre que j'ai repris le défi, sauf que, je m'en suis aperçue après coup, il ne fait pas partie du défi!!!! Enfin, c'est pas grave puisqu'il m'a permis de remettre "le pied à l'étrier" (expression d'influence cowboyesque!).