26 mai 2020

Lost in Time, semaine 3


NOUVEAU MONDE 

"Invitation au voyage" : un livre dont l'intrigue ne se passe pas en Europe 


Situé entre Kyoto et Hiroshima, ce village perdu dans la montagne a été autrefois le théâtre d'un odieux massacre. Huit samouraïs y avaient trouvé refuge, apportant avec eux un trésor. D'abord bien accueillis, ils furent tués par la population qui ne trouva jamais ce fameux trésor mais attira sur eux la malédiction des guerriers.
Dans les années 1920, un autre drame s'y déroula.
Nous sommes en 195*** lorsque le narrateur doit se rendre dans ce village pour raison familiale. C'est alors une succession de morts le rendant rapidement suspect aux yeux des villageois.
Avec l'aide de la police et d'un détective privé, on aura toutes les explications!

L'ensemble est assez daté et très naïf. Les ressorts de l'intrigue sont parfois tirés par les cheveux mais le livre se lit avec un certain plaisir, sans doute parce que ça se passe au Japon: légende, labyrinthe, trésor, enquête, amour concourent à son charme.

Pas désagréable, mais pas indispensable.

 ZEIT GEIST 

"We Have Always Lived in the Castle" : un livre dans lequel se trouve un château 



Sachant qu'il risque de mourir, un homme confie son fils à un vieil homme: "Faites-en un homme comme il se doit." Des années plus tard, le vieillard envoie le jeune Aldobrando lui chercher une plante pour soigner la griffure qu'un chat lui a faite à l’œil. Lors de cette quête vont se succéder rencontres et aventures, le jeune héros découvrant un monde jusqu'alors totalement ignoré. 
Conte médiéval qui illustre la phrase écrite sur la 4e de couverture: "Il suffit parfois de la vaillance d'un cœur pur pour renverser la tyrannie".
J'ai beaucoup aimé les dessins: les personnages, des vraies "gueules", les différentes ambiances magnifiquement rendues.
Très sympa!






20 mai 2020

Lost in Time; semaine 2

 Deux livres se sont ajoutés à ma première sélection. Ils ont été sélectionnés dans le club de lecture de Nabolita, booktubeuse que je suis avec grand intérêt. Ils s’intègrent parfaitement au challenge:

ZEIT GEIST
"Maman a tort" : une histoire de famille / une saga historique 



 Pearl Buck raconte l'histoire d'une famille (mère, père, grand-mère, 3 enfants vivants) paysanne très pauvre du début du XXe siècle. La mère, héroïne du quotidien, porte cette famille à bout de bras et brave les difficultés, et elles ne manquent pas!, avec courage.
Je ne pensais pas lire cette autrice un jour et grâce à ce club de lecture, je l'ai découverte et beaucoup appréciée: l'écriture, le portrait sensible de cette mère-courage, la vie dans ce village perdu, les réflexions assez féministes. J'ai hâte de lire d'autres romans d'elle!

La mère doit régulièrement interrompre son travail pour allaiter ou apaiser son dernier né. 
"Son mari se fâchait de ces interruptions trop fréquentes: "Vas-tu donc continuer à me mettre toute la besogne sur le dos? Tu ne fais que commencer à enfanter, et pendant vingt ans il faudra que je supporte de te voir allaiter un gosse après l'autre? [...]" 
Elle riposta sur le même ton, car ils étaient jeunes tous les deux, colères et emportés. Elle lui cria:
"N'aurais-je rien pour mes peines? Travailles-tu chargé d'un fardeau pendant plusieurs mois, comme je le fais? Supportes-tu les douleurs de l'accouchement? Toi, tu te reposes, quand tu rentres, mais moi j'ai à préparer la nourriture, m'occuper de l'enfant, amadouer et dorloter une vieille femme, et en prendre soin..."

"Elle savourait sa vie : enfanter, travailler la terre, manger, boire et dormir, balayer et mettre un peu d'ordre dans sa maison, s' entendre louer par les autres femmes pour son adresse au travail, ses talents de couture, et même se quereller avec son mari, ce qui aiguisait leur amour, autant de jouissances pour elle ; c'est pourquoi, chaque matin, elle se réveillait avec entrain."

 "Elle ne considérait pas le mensonge en lui-même comme une chose impardonnable, car chacun doit mentir un peu pour sauver son honneur."

A découvrir absolument!

Voici un autre modèle de mère, complètement à l'opposé de la mère de Pearl Buck puisque la femme de ce court roman, Gladys, est d'un milieu très riche, dont la seule préoccupation est d'exercer son pouvoir de séduction et se sentir aimée. Tout va bien pour elle au début car elle est d'une grande beauté.
Le roman s'ouvre sur son procès: elle est accusée d'avoir tuer son très jeune amant puis retrace son histoire jusqu'au meurtre.

 Irène Némirovsky dresse le portrait d'une femme-objet plus ou moins femme-enfant adulée dans cette société de privilégiés, du début du XXe siècle, autre point commun avec P. Buck.
Elle le parsème de réflexions mysogynes comme on a pu en entendre longtemps de ce genre:
"Elle était femme, elle n'avait jamais su voir plus loin que le lendemain."
On grince des dents!

Le titre annonce le ton: Jézabel était une femme malfaisante et prophétesse de malheur dans le nouveau testament. Je la considère ici comme une victime même si elle a tué.
Drame psychologique d'une grande cruauté, terriblement bien raconté.
Je n'ai encore jamais été déçue par cette autrice! Ce court roman est à rapprocher d'un autre roman très court: "Le bal", également psychologique, cruel mais plus jubilatoire.

Pour le challenge, je valide:
ENGAGEMENT
"C'est pas Mademoiselle, c'est Madame" : un livre qui traite de la condition féminine .

09 mai 2020

Lost in Time; semaine 1

 CONFLITS / Aux armes citoyens
 


La Lucha est un mouvement non-violent qui nait suite aux constats de multiples injustices. Il revendique l'accès à l'eau courante, à l'éducation gratuite.
Ils sont arrêtés, enlevés, emprisonnés et malgré le danger cette association pacifique s'est agrandie dans tout le Congo, pays où les milices se sont multipliées et où la violence est quotidienne dans certaines régions.
"Mais ce combat remarquable et si courageux ne trouve pas suffisamment d'échos dans les médias et dans les consciences. C'est le rôle de cet album d'y remédier grâce à son graphisme poétique, évocateur mais aussi très pédagogique. L'histoire de l'Afrique a souvent été racontée du point de vue de l'ancien colonisateur. Les chroniques de tous ces jeunes mouvements militants africains doivent frapper kes consciences et inspirer une jeunesse africaine dont les rêves sont très ambitieux."
Angélique Kidjo, Ambassadrice de conscience d'Amnesty International, en préface.

C'est suite à la rencontre avec Florry Cimina, jeune membre de Lucha, en exil, que j'ai voulu en savoir plus. Instructif!
La scénariste, Julie Brabant, s'exprime sur France 24: https://www.facebook.com/FRANCE24.JTAfrique/videos/1689318847782334/?v=1689318847782334























A DAY AT THE ABBEY / Lady Violet

La Peau de chagrin, d'Honoré de Balzac, ici en très bonne compagnie!

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu de littérature classique, il a fallu un peu s'acclimater. Les phrases sont complexes, mais souvent très belles, c'est par moment, de la poésie en prose. J'ai dû chercher quelques mots dans le wiktionnaire (pyrrhonien, curule, chibouque...). Balzac est beaucoup dans le descriptif très détaillé, aussi bien des lieux, des objets que des pensées.
 
Raphaël, amoureux éconduit, vient de perdre au jeu sa dernière pièce d'or. Il décide de se suicider et en attendant la nuit pour se jeter dans la Seine, il entre dans un magasin d'Antiquité. Le marchand lui offre une peau de chagrin qui, comme la lampe d'Aladin, exauce les vœux de son propriétaire. En contrepartie, la peau rétrécit à chaque vœu et la vie du demandeur diminue. Raphaël accepte... 
 
Ce roman fait partie des Etudes philosophiques et illustre ce que dit l'un des personnages: "Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit". J'ai aimé cette lecture exigeante d'un drame très sombre sur la nature humaine qui pousse à la réflexion et à l'admiration.

CONFLITS / La fleur au fusil

Christophe André travaille pour MSF dans le Caucase. Une nuit, il est kidnappé par des Tchétchènes.
"Être otage, c'est pire qu'être en prison. En prison, tu sais pourquoi tu es là et à quelle date tu vas sortir. Quand tu es otage, tu n'as même pas ce genre de repères. Tu n'as rien."
Et pour coller davantage à cette catégorie du challenge, il se trouve que le narrateur  est passionné par l'histoire militaire et pour s'occuper l'esprit, il reconstitue ses batailles préférées: Austerlitz, célèbre victoire napoléonienne, Gettysburg, pendant la Guerre de Sécession...

On est avec Christophe André, dans sa tête. Delisle nous transmet toutes ses réflexions, ses sensations, ses émotions, la peur, la tristesse, l'angoisse, la honte, l'espoir, l'attente. Les dessins sont sobres, il ne se passe pas grand chose et pourtant le dessinateur réussit à varier les positions, les éclairages, etc. On aurait pu s'ennuyer, plus de 100 jours de captivité, les plaisirs sont peu variés, mais non, pas du tout!
Je trouve cette bd très émouvante et très réussie.
p.48

p.52
 A DAY AT THE ABBEY / Lady Sybil


A l'ouverture du roman, l'héroïne est ligotée dans un coffre de voiture, on lui a tiré dessus avant de l'abandonner à moitié morte. Ancienne actrice de films porno, Angel n'avait pas vraiment prévu de jouer les gros bras mais elle n'a pas le choix. Avec un peu d'aide, elle se lance à la recherche de ceux qui la traquent pour se venger.
Un peu sceptique au début, j'ai finalement bien apprécié cette lecture parce que ce n'est pas qu'une histoire de vengeance. L'autrice y dénonce aussi le trafic de mineures que des réseaux mafieux font venir des pays de l'Est. C'est drôle, percutant et surtout elle vrille les clichés.



02 mai 2020

Le Lost in Time Challenge

 Lancé par Redbluemoon (voir sa vidéo sur Youtube) et Aurore, voici un challenge qui m'a tout de suite intéressée. Deux mois, mai-juin, c'est sans doute un délai un peu court pour moi, mais pas de prise de tête, on fera ce qu'on pourra. En tout cas, le premier plaisir est de constituer sa PAL, c'est chose faite! Voici donc les catégories avec les livres que j'ai choisis.

CONFLITS 

 "La Fleur au fusil" : un livre qui traite de la guerre 


Grozni, guerre de Tchétchénie, un otage raconte son enlèvement à Guy Delisle qui en fait une BD.


"Aux armes, citoyens !" : un livre qui traite de révolte ou de révolution 


 Chronique d'une révolution sans arme au Congo, en BD.

"Mes chers compatriotes" : un livre où la place de la politique est importante.




Une affaire politico-judiciaire qui deviendra un des scandales parmi les plus retentissants du XXe siècle. Récit romancé.


 ENGAGEMENT 

"C'est pas Mademoiselle, c'est Madame" : un livre qui traite de la condition féminine 

On ne présente plus Virginie Despentes...


"Eurêka!" : un livre qui traite de l'évolution scientifique 

Je suis une des recommandations de Redbluemoon, mais je ne l'ai pas en ma possession et ma médiathèque ne l'a pas non plus...
Sinon, il va falloir que je fouille plus profondément dans ma bibliothèque, c'est un genre qui se fait assez rare chez moi...

 "I had a dream" : un livre qui traite de racisme 


Une autrice que j'ai vraiment envie de lire plus. Son œuvre est considérable, je n'en ai lu que deux: Les chutes, roman, et Les femelles, recueil de nouvelles.  Je veux continuer à creuser...

 ZEIT GEIST 

"We Have Always Lived in the Castle" : un livre dans lequel se trouve un château 

Un château sur la couverture? période médiévale? c'est tout bon pour découvrir cette BD!


"Raconte-moi une histoire" : une non-fiction historique 

 La condition féminine en images de la Préhistoire à # METOO

"Maman a tort" : une histoire de famille / une saga historique 

Ce roman est étiqueté "relations familiales et surtout relations mère-fille". Je tente.


 NOUVEAU MONDE 

"Invitation au voyage" : un livre dont l'intrigue ne se passe pas en Europe 

Roman policier qui se déroule au Japon, dans "une modeste bourgade au coeur des montagnes" qui abrite "les corps de samouraïs assassinés"...


"L'herbe est toujours plus verte" : un livre dont l'intrigue se déroule dans un pays où l'on n'est jamais allé ...


 ... et je ne crois pas m'y rendre un jour!

"Elémentaire, mon cher Watson" : un livre avec un mystère 

Très bonnes critiques, Prix des lecteurs Quais du polar, une autrice que je n'ai jamais lue: ça se tente.


A DAY AT THE ABBEY 

"Lady Violet" : une relique de la PAL 

La peau de chagrin, Honoré de Balzac.
Un classique qui trône dans ma bibliothèque depuis ... ouh, au moins avant 2000, c'est sûr!!! Je pense que je bats un record là!!!

 "Lady Sybil" : une héroïne badass 


 La critique de Christine Ferniot, de Télérama, m'a convaincue de le choisir pour cette catégorie: 
"Un livre drôle, précis, porté par des descriptions hilarantes. Dans ce roman noir très "dur à cuire", son héroïne prend des coups, mais cicatrise vite et n'oublie jamais rien. Un vrai démon, avec du cœur et un superbe tour de poitrine."

"Lady Mary" : relecture d'un favori 


 On m'avait offert cette BD et je l'avais lue avant d'aller au Japon. Depuis, j'y suis allée deux fois. Je vais donc la relire avec un plaisir double:  je vais retrouver une BD que j'avais adorée et je retrouve une part de Japon.

Et bien évidemment, je m'autorise à changer des livres de ma PAL au gré de mes découvertes!


16 avril 2020

Mars en BD (2)


 Cette BD documentaire retrace le combat des Indiens d'Equateur contre Texaco-Chevron, géant pétrolier américain pollueur de la région de Lago Agrio. Pablo Fajardo, devenu avocat, risque sa vie mais ne lâche rien. En 2004, son frère est assassiné, les tueurs se trompant de cible.
Le récit est très fluide, tout est clair et on ne peut qu'enrager face à la toute puissance de ces destructeurs qui, même condamnés, refusent de payer, engagent des poursuites contre les défenseurs et gagnent!
"Les gringos ont laissé derrière eux 60 millions de litres de pétrole et 70 millions de litres de résidus toxiques".
 Le combat continue malgré les persécutions, les agressions, le manque d’efficience de la justice.
A l'heure où l'on commence à parler d'écocide, on peut espérer qu'un jour justice sera faite!
Instructif!




 


Pour rester dans le même thème, je lis en parallèle une Chronique d'AI consacrée à l'environnement lié aux droits humains. Le dossier aborde de nombreuses problématiques illustrées par de nombreux exemples: la mer d'Aral, la vie des derniers Illyriens compliquée par la multiplication de centrales hydrauliques qui les prive d'eau (Albanie), l'exploitation du gaz de schiste en Argentine, Texaco en Equateur...

"En France, la juriste Valérie Cabanes remue ciel et terre pour que l'écocide intègre le droit", La Chronique d'Amnesty International n° 392/93, juillet-août 2019.
 son site: http://valeriecabanes.eu/
son FB: https://www.facebook.com/valerie.cabanes.1






Le titre interminable de cette BD est en fait le nom du magasin de farces et attrapes dont le propriétaire est profondément dépressif. Son magasin vivote, sa femme l'a quitté, il a un frère à qui tout réussit...
Rabaté nous présente un moment de vie de ce personnage ordinaire et sans éclat, qui connait pourtant une jolie histoire d'amour.

Il s'en dégage une douce tristesse, une sorte de tendresse pour des personnages bien cernés.
Très belle lecture.















15 avril 2020

Mars en BD (1)

Dans Le Maître des livres, Umiharu Shinohara nous amène à la bibliothèque pour enfant « La rose trémière ». Dans celle-ci on rencontre Mikoshiba, un bibliothécaire connu pour son fort caractère et son goût immodéré pour les livres jeunesse. De nombreuses personnes, adultes ou enfants, viennent lui demander conseil. Tel un « sommelier des livres », Mikoshiba trouve toujours le bon livre qu’il faut au bon moment.
Ce manga met en avant la littérature classique de "jeunesse" (Dickens, Saint-Exupéry...) et le plaisir de la lecture. Malheureusement, ma médiathèque ne possède que le premier volume de la série qui en compte 15. 
Attention, lecture des bulles de droite à gauche !






Les conséquences de la Guerre 14-18 pèsent lourd même deux ans après. Blanca décide de quitter sa Savoie natale pour tenter de vivre mieux ailleurs et entraîne avec elle, dans ce parcours long et risqué, sa belle-fille Pauline devenue veuve et Florentin, orphelin de 11 ans et narrateur de cette épopée.
Les personnages sont complexes, les dessins sont superbes, aussi bien pour les paysages que pour les visages, et rendent parfaitement le rustique de cette époque. L'auteur traite essentiellement d'émancipation féminine, de migration et fait référence à des événements historiques, comme il l'explique à la fin.
Un deuxième volume existe, peut-être l'auteur sera-t-il encore présent au Livre sur la Place de Nancy en 2020? En 2019, nous avions eu une conversation très intéressante et très sympathique. A suivre donc!





L'idéal, c'est de lire cette BD sans rien en savoir et quelle claque! Gros coup de cœur! ♥♥♥♥♥
Pour celles et ceux qui voudraient malgré tout en savoir un peu plus c'est un thriller TRÈS noir et violent qui entremêle deux récits avec de nombreux personnages, ce qui peut paraître un peu compliqué à suivre au début, mais ça vaut vraiment le coup de faire l'effort.

Résumé (site BDfugue) : Dans ce récit choral, Emmanuel Moynot suit « caméra à l'épaule » deux jeunes tueurs en série, Jeb et sa petite amie Bess, en cavale sanglante dans une Amérique déglinguée et crasseuse. En vingt chapitres coup de poing, montés en 8 pages comme des comics, on va croiser tour à tour les destins de la belle Maxine et de ses deux fils, de Bo sa brute épaisse de compagnon, du Pasteur Cletus, plus amateur de jeunes filles que de vin de messe, d'un représentant d'aspirateurs qui sillonne les routes en Camaro, d'un motard juché sur une Norton Commando... Et pendant que Jeb et Bess sèment les cadavres sur leur route, Brett Edmund, le shérif adjoint de Sugar Grove mène l'enquête, en essayant de ne pas entraver celle de l'agent spécial Thomson, jolie blonde venue de l'Est...
J'ai adoré surtout le scénario, la présentation en chapitres, les dessins malgré la mise en couleur. 
Du coup, j'ai hâte de découvrir d'autres œuvres de Moynot!









25 février 2020

Lectures de février (4): Goscinny et Superbad

 ♥♥♥♥

A la demande d'Anne Goscinny, Catel accepte de raconter l'histoire de son père René à condition de la mettre également en scène dans sa BD.
Le récit alterne entre la voix de René Goscinny "Je suis né dans le 5e arrondissement de Paris..." et celle de sa fille "En réalité, l'histoire de ma famille n'a pas démarré en Amérique du Sud..."
La BD rend très bien le parcours passionnant de ce scénariste de génie: les origines de la famille, les débuts difficiles, les nombreuses rencontres avec d'autres talents, jusqu'à l'arrivée d'Astérix, né de l'amitié avec Uderzo. 
Je pensais qu'il n'y avait qu'un volume et je ne comprenais pas pourquoi le récit s'arrêtait à ce moment-là, mais apparemment, un deuxième volume est prévu, ouf!
 J'aime beaucoup ce format de BD, pas trop grand et souple, le dessin de Catel, mais j'ai un peu grimacé en voyant les pavés de couleurs qui servent principalement de repères: bleu pour René,  orange pour Anne et Catel, rose pour le prologue (très fort!) et l'épilogue. 
à suivre donc...



Anne Goscinny, au centre, et la dessinatrice Catel qui, pour nous, a convié le grand René sur la photo. Jean-Philippe Baltel



 ♥♥♥♥

Ou quelques jours avec Ivan et T., deux amis qui passent de dealers de drogue à marchands d'art. Ce récit à demi autobiographique traite essentiellement du racisme des années 70-80 à New York à travers une histoire d'amitié entre un Noir et un Blanc, mêlant humour et tragique.
J'ai beaucoup aimé et comme d'habitude avec cette maison d'édition, 13e Note, qui a malheureusement mis la clé sous la porte, c'est la rencontre d'un auteur à la marge, hors norme et puissant. 

"James et moi étions assis à la vitre du Crow’s Nest Bar, à regarder la lumière hivernale décliner sur la devanture de bois de la minuscule bibliothèque de Provincetown de l’autre côté de la rue et à attendre Ivan. On s’était fumé un petit joint de Thaï avant de se risquer au- dehors voir si quelqu’un était debout et dispo maintenant que le soleil se couchait. Je flashais sur l’image, quotidiennement répétée, de moi, à me boire mon petit café et à me fumer mon petit joint tout en lisant le New York Times. À lever les yeux à la fin d’un article sur la parade nuptiale de l’amibe dans les pages scientifiques, ma tartine grillée en panne de beurre, et à voir le ciel au-dessus de la baie virer au prune avec le crépuscule. Et à me dire, voilà pourquoi on vit tout au bout d’une masse continentale au milieu d’eaux glacées. Pour ne pas avoir à juger. Mais, naturellement, on le fait, et on n’est plus jamais les mêmes après.
« Laurie kiffe les Blacks, James m’a fait. C’est son complexe catholique irlandais de Boston.
– Laurie sort avec Ivan, je lui ai répondu. Laurie kiffe Ivan."


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