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25 février 2020

Lectures de février (4): Goscinny et Superbad

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A la demande d'Anne Goscinny, Catel accepte de raconter l'histoire de son père René à condition de la mettre également en scène dans sa BD.
Le récit alterne entre la voix de René Goscinny "Je suis né dans le 5e arrondissement de Paris..." et celle de sa fille "En réalité, l'histoire de ma famille n'a pas démarré en Amérique du Sud..."
La BD rend très bien le parcours passionnant de ce scénariste de génie: les origines de la famille, les débuts difficiles, les nombreuses rencontres avec d'autres talents, jusqu'à l'arrivée d'Astérix, né de l'amitié avec Uderzo. 
Je pensais qu'il n'y avait qu'un volume et je ne comprenais pas pourquoi le récit s'arrêtait à ce moment-là, mais apparemment, un deuxième volume est prévu, ouf!
 J'aime beaucoup ce format de BD, pas trop grand et souple, le dessin de Catel, mais j'ai un peu grimacé en voyant les pavés de couleurs qui servent principalement de repères: bleu pour René,  orange pour Anne et Catel, rose pour le prologue (très fort!) et l'épilogue. 
à suivre donc...



Anne Goscinny, au centre, et la dessinatrice Catel qui, pour nous, a convié le grand René sur la photo. Jean-Philippe Baltel



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Ou quelques jours avec Ivan et T., deux amis qui passent de dealers de drogue à marchands d'art. Ce récit à demi autobiographique traite essentiellement du racisme des années 70-80 à New York à travers une histoire d'amitié entre un Noir et un Blanc, mêlant humour et tragique.
J'ai beaucoup aimé et comme d'habitude avec cette maison d'édition, 13e Note, qui a malheureusement mis la clé sous la porte, c'est la rencontre d'un auteur à la marge, hors norme et puissant. 

"James et moi étions assis à la vitre du Crow’s Nest Bar, à regarder la lumière hivernale décliner sur la devanture de bois de la minuscule bibliothèque de Provincetown de l’autre côté de la rue et à attendre Ivan. On s’était fumé un petit joint de Thaï avant de se risquer au- dehors voir si quelqu’un était debout et dispo maintenant que le soleil se couchait. Je flashais sur l’image, quotidiennement répétée, de moi, à me boire mon petit café et à me fumer mon petit joint tout en lisant le New York Times. À lever les yeux à la fin d’un article sur la parade nuptiale de l’amibe dans les pages scientifiques, ma tartine grillée en panne de beurre, et à voir le ciel au-dessus de la baie virer au prune avec le crépuscule. Et à me dire, voilà pourquoi on vit tout au bout d’une masse continentale au milieu d’eaux glacées. Pour ne pas avoir à juger. Mais, naturellement, on le fait, et on n’est plus jamais les mêmes après.
« Laurie kiffe les Blacks, James m’a fait. C’est son complexe catholique irlandais de Boston.
– Laurie sort avec Ivan, je lui ai répondu. Laurie kiffe Ivan."


J'ai découvert un site très intéressant: http://www.bouquineux.com/
 qui permet de télécharger des livres numériques gratuits et libres de droit, rangés par ordre alphabétique des auteurs!




17 juillet 2019

Petit bilan lecture de mi-année

sous forme de questions inspirées par les booktubers que je suis.

-Combien de livres lus?

32 livres dont 27 romans, et 5 livres de non-fiction (poésie, doc, chroniques...) et 29 BD.
Pas de creux ou "pannes livresques" ni de voyages lointains donc un peu plus de temps pour lire cette année.

-Tes 3 meilleures lectures?

Deux livres sortent du lot pour le moment:
https://lavieestbelleetcesttantmieux.blogspot.com/2019/01/4-jai-couru-vers-le-nil.html
cliquer sur l'image pour aller lire le post

















Ce roman édité chez Gallmeister est une plongée dans le monde fantastique des monstres de foire avec l'histoire d'une famille hors norme: les Binewski. C'est fort, souvent dérangeant, toujours surprenant! J'ai adoré!


Difficile de choisir un 3e meilleur parce que j'ai eu beaucoup de coups de coeur avec la découverte de tout nouveaux auteurs comme Estalle-Sarah Bulle, primée à Nancy, ou des auteurs que je n'avais encore jamais lus. Puisqu'il faut choisir:

Un thriller rural au cœur des Appalaches. Les restes d'un corps remontent à la surface et vont faire émerger les secrets enfouis depuis longtemps. Deux frères savent à qui ils appartiennent...
Roman très court mais très fort d'un grand auteur états-unien. J'ai hâte de lire d'autres livres de Ron Rash!
 Je vais ajouter ma BD préférée pour le moment:

https://lavieestbelleetcesttantmieux.blogspot.com/2019/02/bd2-blast-t4-pourvu-que-les-bouddhistes.html
cliquer sur l'image pour aller lire le post


-Ta plus grosse déception?

Ce n'est pas une vraie catastrophe non plus, mais après avoir tellement apprécié "L'ordre du jour", je m'attendais à être autant enthousiasmée par son roman précédent:


La reconstitution des événements du point de vue de la foule est une idée géniale et lire ce roman cette année a des résonances avec le mouvement des gilets jaunes et la répression policière envers les manifestations même les plus pacifistes d'une manière incroyable.
Ma déception vient du fait que j'aurais aimé être plus proche des personnages, peut-être à la manière d'Alaa El Aswany. J'observe tous ces gens mais je ne suis pas impliquée, je reste sur le côté.

-La bonne surprise?

Ma médiathèque a la bonne idée de posséder une dizaine d'ouvrages des éditions 13e Note, maison d'édition qui a malheureusement dû mettre la clé sous la porte, qui s'intéressait à la littérature américaine d'écrivains à la marge. J'avais choisi ce volume un peu par hasard, en regrettant presque ce choix et heureusement, je l'ai ouvert, et je l'ai dévoré!


Condamné à mort pour l'assassinat de deux policiers en 1963, T. Trantino a vécu sept ans dans le couloir de la mort. Sa peine a été commuée en détention à vie après l'abolition de la peine de mort dans l'Etat du New Jersey. Son récit, mêlant dessins, lettres, poèmes et nouvelles, évoque son parcours et le monde pénitentiaire américain où il a purgé une peine de trente-huit ans.

 Côté BD: le manga sur le vin: "Les Gouttes de Dieu". Moi qui n'aime pas le vin rouge malgré quelques essais et qui souffre d'anosmie et donc d'agueusie partielle, je me passionne pour cette série qui compte 44 volumes! Je viens d'entamer le tome 24.


-Le livre que tu viens de finir, le livre en cours et le prochain livre?

Je viens de finir le 3e et dernier tome de:
C'est du policier mais le plus intéressant de cette saga est la mise en fiction du contexte historique. On est immergé dans Berlin avant, pendant puis après la 2e Guerre Mondiale et l'auteur nous fait parfaitement ressentir l'antisémitisme, la peur, la tension, la bêtise d'un système, la cruauté, la lâcheté. On plonge au cœur de l'humain dans ce qu'il a de pire mais il montre également à quel point il était difficile et risqué de ne pas suivre la vague.
Heureusement on sourit souvent grâce à l'humour du héros, à ses réflexions pas toujours délicates.

Je viens de commencer:

Deux temporalités: 1) Jerry, auteur de thriller, vient d'apprendre qu'à 49 ans, il est atteint de la maladie d'Alzheimer. Il se met donc à écrire un carnet dans lequel il raconte sa famille, sa vie en s'adressant au Futur Lui, qui, quand il aura tout oublié, pourra lire ce texte et se re-connaître.
2) Le présent de Jerry. Il vit maintenant dans une maison de santé dont il vient de s'échapper. Retrouvé par la police, il est persuadé d'avoir tué une femme. La maladie a progressé. Les moments de lucidité alternent avec des moments revenus du passé ou issus de ses romans...

 Et je continue à picorer:






Le prochain sera sans doute:

Même s'il me fait un peu peur: d'abord il a plus de 1000 pages et ensuite un livre des éditions Monsieur Toussaint Louverture est toujours une aventure atypique!


-Un moment marquant?

Rien d'exceptionnel en cette première moitié d'année 2019.
Peut-être la découverte un peu tardive du prix SNCF du polar, mais c'est un rendez-vous que je ne manquerai pas la prochaine fois!
J'attends "Le Livre sur la Place" à la rentrée...

19 mai 2018

22/ Speed Fiction


Je connaissais cette maison d'édition de vue mais je n'avais lu aucune de ses publications et c'est en écoutant "Le Rouquin Bouquine", un "booktubeur", qui semble avoir disparu des radars, hélas!, que j'ai appris qu'elle avait mis la clé sous la porte au bout de seulement 4 ans d'existence, malheureusement. Ma médiathèque en ayant une douzaine, j'ai donc essayé un des livres de 13E NOTE EDITIONS, dont voici le cahier des charges:

"AUTEURS EXTRÊMES SOUS HAUTE TENSION

Farouchement indépendants, nous publions depuis nos débuts au printemps 2009 de la littérature anglo-saxonne et latino.
Les points clés de notre ligne éditoriale n'ont pas varié: autobiographie, aventures, voyages, dépassement de soi, l'odyssée humaine sous toutes ses formes.
Le rythme de nos publications est d'une quinzaine d'ouvrages par an.
Jazz, blues, country, rock, punk, on trouve l'écho de ces musiques chez nos auteurs, gueules cassées couturées de références néo-beat ou pistoleros se réclamant de leur seule passion d'écrire.
Nous les défendons avec enthousiasme grâce à nos amis libraires, partenaires indispensables à la mise en valeur de notre travail.
Si 13e Note est notre raison sociale, partager avec vous cette littérature est notre raison d'être."

L'auteur nous parle essentiellement des effets du speed et autres substances illicites, sans concession, sans tabou, lui-même en ayant été consommateur.
On est dans sa tête d'accro, dans ses pensées, on voit à travers ses yeux ceux qui l'entourent et on écoute leurs délires. Et c'est sans doute l'écriture qui lui a sauvé sa peau, une écriture coup de poing.

S'il fallait lui associer une musique, ce serait un punk destroy!

p.15: "Un jour, tu as traversé la moitié de l'Utah à cent cinquante à l'heure sur une autoroute déserte, en manoeuvrant le volant depuis le siège passager parce que l'Indien qui t'avait pris en stop, un Cherokee de cent cinquante kilos, venait de faire un infarctus après avoir sniffé un truc. Incapable de le déplacer d'un iota, tu as tenu la barre jusqu'à ce que son Impala tombe enfin en panne sèche sur l'I-15, non loin de Providence."

p.20: "Comme quand tu zones dehors à dix heures du mat et que le soleil crame au troisième degré ce T-shirt en latex qui ne te rappelle rien. Et qui - tu t'en rends compte après avoir passéune demi-journée à l'arracher en lambeaux - n'est autre que ton épiderme."

p.67: " Faut-il s'étonner que la meth "maison" distillée au fond des baignoires te bousille l'odorat ? Si ton nez fonctionnait toujours, tu aurais la gerbe à cause du pot-pourri de miasmes humains, mais surtout des souris crevées sous le canapé. Les petits rongeurs non avertis mangeaient les miettes de speed tombées au sol. Après quoi, ils se tapaient des pointes de vitesse et des bouffées d'euphorie, puis succombaient à de mini-crises cardiaques. Certains soirs, tu les entendais. Tu reconnaissais le couinement funeste. Alors tu imaginais Mickey Mouse se cramponnant à sa poitrine avant de rendre l'âme. (Cet enfoiré de Walt Disney n'était qu'une pourriture fasciste antisémite.) Au bout de deux ou trois jours, les fourmis engloutissaient leur plage et les petits mammifères décimés revêtaient un air de bébés prématurés tout desséchés. Alors, d'un coup de pied, tu les planquais sous le canapé."

p.96: "Et maintenant que l'Amérique est affaiblie ,... elle remplace pas des substances chimiques ce qu'elle est incapable de générer de manière naturelle.... Et puis, tu veux un chiffre sympa ? Trente-deux pour cent des écoliers et lycéens américains sont sous Adderall. Des apprentis speedomanes, comme c'est mignon ! Plus un rond pour leur instruction mais des tonnes pour qu'ils restent éveillés et débiles. Vive l'Amphétamérique !"