11 juillet 2020

Juillet: 2 BD


 Les deux auteurs de cette BD, qui sont journalistes, sont montés à bord de l'Aquarius, le navire de secours de l'ONG SOS Méditerranée, pour réaliser un reportage sur une opération de sauvetage en novembre 2017. Ils nous racontent donc ce qu'ils ont vu, fait et nous rapportent les paroles de ceux qu'ils ont interviewés: les sauveteurs, l'équipage, les médiateurs culturels et les migrants. Tout est clairement exprimé: la maltraitance continue de ces réfugiés survivants, le rôle confié à la Libye par l'Europe...
Un témoignage dense et dramatique, important.









Aussitôt acheté, aussitôt lu!
C'est un petit restaurant ouvert de minuit à 7 heures du matin. Sa carte ne présente qu'un menu "soupe miso au porc", mais s'il a les ingrédients, le propriétaire qui est aussi le cuisinier préparera ce qu'on veut.
Défile alors une galerie de personnages (un mafieux, une strip-teaseuse, des employés de bureau, des acteurs...). Le manga est découpé en 30 nuits et chaque épisode nous présente un plat particulier et autour de ce plat se créent des liens, des personnages se rapprochent, des amitiés naissent, des amours même. La cuisine est ici une excuse pour parler de l'humain.


Le dessin est assez simple, le décor ne change quasiment pas puisque la grande majorité des scènes est en huis clos mais grâce à la variété des personnages et des situations, on ne s'ennuie jamais. Cela permet aussi de lire de façon épisodique.
Attention, ça donne faim et très envie de lire les autres volumes bien que ce soit assez cher! Cette maison d'édition produit des mangas d'auteurs moins connus et de ce que j'ai pu voir, ce sont de très beaux objets-livres.
A déguster sans modération!!!

A noter: une série adaptée de ce manga passe sur Netflix. Chaque épisode dure entre vingt et trente minutes. Ce sont d'autres histoires mais le principe est le même et l'ambiance est parfaitement restituée. Elle s'appelle "Midnight Diner Tokyo stories".






28 juin 2020

Lost in Time, dernière semaine

Quelques ouvrages supplémentaires qui entrent dans le challenge:


 NOUVEAU MONDE"Elémentaire, mon cher Watson" : un livre avec un mystère

 Katharina Blum  a abattu chez elle de plusieurs coups de feu un journaliste et se livre à la police.
Le narrateur, s'appuyant sur des sources fiables, nous présente les faits dans un compte-rendu qui se veut être le plus clair possible. Il tente ainsi d'expliquer comment une jeune femme sérieuse et de bonne réputation est arrivée à commettre un acte d'une telle violence.
Par ce roman, il dénonce la presse à scandale, aux procédés ignobles, l'auteur en a été lui-même victime, et l'incompétence de la police.
 En préambule, Heinrich Böll écrit: "L'action et les personnages de ce récit sont imaginaires. Si certaines pratiques journalistiques décrites dans ces pages offrent des ressemblances avec celles du journal "Bild", ces ressemblances ne sont ni intentionnelles ni fortuites mais tout bonnement inévitables."
 J'ai adoré le passage où l'héroïne, indignée, insiste sur le terme "importun" en parlant d'un homme à son égard, alors que la police tente de le remplacer par "tendre" dans le procès-verbal.
 Je l'ai dévoré et je l'ai beaucoup aimé!



CONFLITS"Aux armes, citoyens !" : un livre qui traite de révolte ou de révolution

 1er volet d'une trilogie, cette BD a reçu le Fauve d'or au festival d'Angoulême 2020.

 Elle nous plonge au cœur de l'action dès les premières planches, à hauteur des personnages. On est avec les gens du peuple, hommes, femmes et enfants, entraînés par la foule, on se retrouve avec les députés à l'assemblée, on côtoie des aristocrates, les artisans; les uns soutiennent le Roi, d'autres demandent une réforme. Dans ce tumulte, quelques personnages émergent rapidement.
Je ne suis pas fan du dessin très hachuré, ni des couleurs assez fades, mais il y a des planches extraordinaires. Il s'en dégage une grande force.
C'est une BD originale, complexe, riche, puissante aussi bien par le dessin que par le scénario. A découvrir absolument!


Splendide double page!



20 juin 2020

Lost in Time; semaines 6 et 7

 ENGAGEMENT 
"C'est pas Mademoiselle, c'est Madame" : un livre qui traite de la condition féminine 

 Virginie Despentes s'inspire de sa propre vie et de ses expériences dans cet essai féministe qui frappe fort non seulement par sa vision des choses dans les différents thèmes (viol, prostitution, pornographie, féminité, maternité) mais aussi par le style trash, cru, punk.
Elle analyse et dénonce les rouages d'une société patriarcale, faite par les hommes pour les hommes. Elle y va fort, nous bouscule et pousse à la réflexion.
Écrit en 2006, il reste d'actualité...
A lire absolument!
 « J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m’excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n’échangerais ma place contre aucune autre, parce qu’être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n’importe quelle autre affaire.
(…)
Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée, mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l’ai jamais croisée nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas. »
 

CONFLITS "Mes chers compatriotes" : un livre où la place de la politique est importante.
  Eric Yung a été flic dans une autre vie. Ce livre, récit romancé, fait le portrait d'un jeune homme qui entre dans la police, et entre rapidement au mythique 36 quai des Orfèvres. Il côtoie le milieu du grand banditisme avec ses indics, des stars du show biz dont le célèbre Yves Mourousi, avec qui il noue des liens d'amitié, ici prénommé Eric. Le milieu de la nuit, des drogues, des magouilles et des affaires. Il en raconte quelques unes mais il dénonce surtout le scandale ignoble de l'assassinat de De Broglie, affaire politico-judiciaire, avec la complicité de la police même.

 De très beaux passages, l'auteur sait raconter, mais il fait quelque chose que je déteste, l'amorce de ce qui va se passer ensuite. Le livre est intéressant.

« Depuis quelque temps, les Parisiens avaient le sentiment de vivre dans l'insécurité. Il est vrai que le paysage urbain avait été bouleversé. La ville n'était plus tranquille. Des quartiers entiers disparaissaient. Les maisons de Paris, ces bâtisses aux toits de zinc qui, autrefois, faisaient les délices des peintres et des photographes, étaient dévorées les unes après les autres par de grosses machines aux bouches mécaniques. Les habitants fuyaient loin pour se regrouper dans les tours des banlieues tandis que s'élevaient, là où ils avaient été enfants, des hauts murs de béton recouverts de verre ou de fausses pierres de taille ou de marbre. »

 

 A DAY AT THE ABBEY"Lady Mary" : relecture d'un favori
 C'est exceptionnel que je relise un livre, il y en a tellement d'autres à découvrir! Mais c'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé cette BD-carnet de voyage dans laquelle Florent Chavouet raconte son séjour sur l'île de Manabé et ses rencontres avec toute une galerie de personnages (humains et animaux) qu'il croque avec tendresse.
http://lavieestbelleetcesttantmieux.blogspot.com/2014/08/2740-manabe-shima.html



 NOUVEAU MONDE"Elémentaire, mon cher Watson" : un livre avec un mystère

 Mario est un enfant de 10 ans et il épie son voisin à partir de la terrasse où il va s'amuser. Il le surprend dans sa salle de bain avec une femme alors que cet homme est célibataire. Il embarque son meilleur ami Riccardo au secours de la, peut-être, prisonnière.
Un thriller qu'on a du mal à lâcher, il a reçu le Prix des lecteurs Quai du polar, entre autre, et je suis bien d'accord!
Une autrice à retrouver plus tard...
"Les enfants se sentent coupables de tout, ils assument leurs fautes beaucoup plus facilement que les adultes. Les enfants, ça souffre en silence et ça s'imagine des revanches fictives."



ENGAGEMENT"I had a dream" : un livre qui traite de racisme

 L'ouverture de ce très court roman (75 pages!) est très forte: une femme blanche en compagnie d'un homme noir naviguent sur la rivière Chautauqua et la barque est emportée par les rapides vers les chutes de Tintern. Nous sommes en 1912, au nord de l’État de New York.
 C'est la petite-fille de cette femme qui retrace la vie de son aïeule, femme hors norme, forte et décidée.
J'ai beaucoup aimé l'histoire, le style. L'autrice aborde de nombreux thèmes que l'on retrouve souvent dans ses oeuvres: amour interdit, ségrégation, les Etats-Unis, la condition de la femme...
Il traite bien sûr du racisme, bien que ce ne soit pas le thème principal, et j'ai vraiment apprécié sa façon de le traiter. De façon indirecte, en parlant d'une rougeur dans le cou, de cicatrices dans le dos... L’œil discret mais compréhensif; ou en rapportant des qu'en dira-t-on, paroles lointaines, de personnages non identifiés:
 "Parce que c'est sale et contre nature, ce mélange des races, rien qu'à le voir ça vous rend malade."

Cela me conforte dans l'idée de lire plus de romans écrit par JCO,  son oeuvre étant colossale, je vais essayer d'en lire quelques uns dans les semaines qui viennent, bien qu'il y ait des pavés, il existe aussi de nombreux recueils de nouvelles!



Voilà, j'ai validé toutes les catégories de ce beau challenge!

12 juin 2020

Lost in time; semaines 4 et 5


ENGAGEMENT "Eurêka!" : un livre qui traite de l'évolution scientifique

Ecrit en 1972, "L'homme programmé" est une anticipation qui se passe en ... 2011!
Paul Macy est le nouvel occupant du corps de Nat Hamlin. En effet, ce dernier  a été condamné à l'effacement suite à ses actes criminels.
Le roman débute le jour où Paul Macy sort du centre de réhabilitation et découvre son travail, commentateur de l'holovision, devant analyser "les yeux planeurs du réseau", genres de drones...
Une ancienne connaissance de l'ancien occupant, Lissa Moore, le reconnait et lui parle de son passé, ce qui provoquera le retour de Hamlin et une lutte intérieure pour reprendre le contrôle de ce corps partagé.
Le titre anglais me parait meilleur: The second trip, le deuxième voyage.
Peut-on donner une seconde chance aux criminels? L'auteur nous interroge aussi sur ce qu'est la personnalité dans cette sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde, évoque la surveillance à tout va et les loupés de la technologie...
C'est assez lent, parfois répétitif mais l'ensemble reste suffisamment intéressant pour aller jusqu'au bout.
"Vous voyez, nous avons des milliers, je dis bien des milliers, d'yeux au-dessus de tous les points du monde où il pourrait se produire du nouveau. Elles planent à vingt-cinq ou trente mètres, mais, bien entendu, on est en mesure de modifier leur altitude à volonté. Vous pouvez les concevoir comme des observateurs passifs complets et autopropulsés, présents partout, qui absorbent toutes sortes d'informations audio-visuelles et les enregistrent sur des tambours de stockage de vingt-quatre heures."


ZEIT GEIST
"Raconte-moi une histoire" : une non-fiction historique

Iconographie magnifique, riche et colorée pour cette encyclopédie qui aborde une très grande diversité de thèmes. Cette histoire illustrée des femmes est d'une grande lisibilité et nous permet de découvrir de grandes personnalités souvent oubliées de la grande Histoire et des manuels scolaires.
L'ampleur du contenu ne pouvant pas être approfondi éveille la curiosité et le livre nous ouvre des pistes pour aller plus loin.
Indispensable!










NOUVEAU MONDE"L'herbe est toujours plus verte" : un livre dont l'intrigue se déroule dans un pays où l'on n'est jamais allé ...


Qaanaaq Adriensen est envoyé au Groenland pour aider la police locale à résoudre une série de meurtres-carnages chez les employés de la compagnie pétrolière de Nuuk, la capitale. L'enquête le mènera à Qaanaaq, là où il est né et où un drame a décimé sa famille. Les deux intrigues se rejoignent.


Des heureux hasards un peu trop nombreux, des facilités de narration à foison mais une plongée dans le monde inuit par la langue, le kalaallisut, par quelques traditions et par l'amitié naissante avec un personnage assez atypique: l'inspecteur Apputiku.
L'auteur, qui est français!, a dû lire un recueil des meilleures citations danoises et nous en présente toute une tripotée en les plaçant quand il faut. Je ne résiste pas à en partager quelques unes!
Peut mieux faire. Je ne suis pas très convaincue: cela manque aussi de chair, de réalisme, surtout entre les personnages.
D'autres enquêtes suivent ce premier volume... à tenter pour voir si ça s'arrange, imaka (peut-être)...

"Qui a peur de poser des questions a honte d'apprendre."
"Trop boire nuit à l'esprit, trop manger ruine la santé."
"Le flatteur est comme l'hirondelle: il est avec nous l'été et nous quitte en hiver."
"Il n'y a pas de route impraticable pour l'amour, il trouve toujours son chemin."




26 mai 2020

Lost in Time, semaine 3


NOUVEAU MONDE 

"Invitation au voyage" : un livre dont l'intrigue ne se passe pas en Europe 


Situé entre Kyoto et Hiroshima, ce village perdu dans la montagne a été autrefois le théâtre d'un odieux massacre. Huit samouraïs y avaient trouvé refuge, apportant avec eux un trésor. D'abord bien accueillis, ils furent tués par la population qui ne trouva jamais ce fameux trésor mais attira sur eux la malédiction des guerriers.
Dans les années 1920, un autre drame s'y déroula.
Nous sommes en 195*** lorsque le narrateur doit se rendre dans ce village pour raison familiale. C'est alors une succession de morts le rendant rapidement suspect aux yeux des villageois.
Avec l'aide de la police et d'un détective privé, on aura toutes les explications!

L'ensemble est assez daté et très naïf. Les ressorts de l'intrigue sont parfois tirés par les cheveux mais le livre se lit avec un certain plaisir, sans doute parce que ça se passe au Japon: légende, labyrinthe, trésor, enquête, amour concourent à son charme.

Pas désagréable, mais pas indispensable.

 ZEIT GEIST 

"We Have Always Lived in the Castle" : un livre dans lequel se trouve un château 



Sachant qu'il risque de mourir, un homme confie son fils à un vieil homme: "Faites-en un homme comme il se doit." Des années plus tard, le vieillard envoie le jeune Aldobrando lui chercher une plante pour soigner la griffure qu'un chat lui a faite à l’œil. Lors de cette quête vont se succéder rencontres et aventures, le jeune héros découvrant un monde jusqu'alors totalement ignoré. 
Conte médiéval qui illustre la phrase écrite sur la 4e de couverture: "Il suffit parfois de la vaillance d'un cœur pur pour renverser la tyrannie".
J'ai beaucoup aimé les dessins: les personnages, des vraies "gueules", les différentes ambiances magnifiquement rendues.
Très sympa!






20 mai 2020

Lost in Time; semaine 2

 Deux livres se sont ajoutés à ma première sélection. Ils ont été sélectionnés dans le club de lecture de Nabolita, booktubeuse que je suis avec grand intérêt. Ils s’intègrent parfaitement au challenge:

ZEIT GEIST
"Maman a tort" : une histoire de famille / une saga historique 



 Pearl Buck raconte l'histoire d'une famille (mère, père, grand-mère, 3 enfants vivants) paysanne très pauvre du début du XXe siècle. La mère, héroïne du quotidien, porte cette famille à bout de bras et brave les difficultés, et elles ne manquent pas!, avec courage.
Je ne pensais pas lire cette autrice un jour et grâce à ce club de lecture, je l'ai découverte et beaucoup appréciée: l'écriture, le portrait sensible de cette mère-courage, la vie dans ce village perdu, les réflexions assez féministes. J'ai hâte de lire d'autres romans d'elle!

La mère doit régulièrement interrompre son travail pour allaiter ou apaiser son dernier né. 
"Son mari se fâchait de ces interruptions trop fréquentes: "Vas-tu donc continuer à me mettre toute la besogne sur le dos? Tu ne fais que commencer à enfanter, et pendant vingt ans il faudra que je supporte de te voir allaiter un gosse après l'autre? [...]" 
Elle riposta sur le même ton, car ils étaient jeunes tous les deux, colères et emportés. Elle lui cria:
"N'aurais-je rien pour mes peines? Travailles-tu chargé d'un fardeau pendant plusieurs mois, comme je le fais? Supportes-tu les douleurs de l'accouchement? Toi, tu te reposes, quand tu rentres, mais moi j'ai à préparer la nourriture, m'occuper de l'enfant, amadouer et dorloter une vieille femme, et en prendre soin..."

"Elle savourait sa vie : enfanter, travailler la terre, manger, boire et dormir, balayer et mettre un peu d'ordre dans sa maison, s' entendre louer par les autres femmes pour son adresse au travail, ses talents de couture, et même se quereller avec son mari, ce qui aiguisait leur amour, autant de jouissances pour elle ; c'est pourquoi, chaque matin, elle se réveillait avec entrain."

 "Elle ne considérait pas le mensonge en lui-même comme une chose impardonnable, car chacun doit mentir un peu pour sauver son honneur."

A découvrir absolument!

Voici un autre modèle de mère, complètement à l'opposé de la mère de Pearl Buck puisque la femme de ce court roman, Gladys, est d'un milieu très riche, dont la seule préoccupation est d'exercer son pouvoir de séduction et se sentir aimée. Tout va bien pour elle au début car elle est d'une grande beauté.
Le roman s'ouvre sur son procès: elle est accusée d'avoir tuer son très jeune amant puis retrace son histoire jusqu'au meurtre.

 Irène Némirovsky dresse le portrait d'une femme-objet plus ou moins femme-enfant adulée dans cette société de privilégiés, du début du XXe siècle, autre point commun avec P. Buck.
Elle le parsème de réflexions mysogynes comme on a pu en entendre longtemps de ce genre:
"Elle était femme, elle n'avait jamais su voir plus loin que le lendemain."
On grince des dents!

Le titre annonce le ton: Jézabel était une femme malfaisante et prophétesse de malheur dans le nouveau testament. Je la considère ici comme une victime même si elle a tué.
Drame psychologique d'une grande cruauté, terriblement bien raconté.
Je n'ai encore jamais été déçue par cette autrice! Ce court roman est à rapprocher d'un autre roman très court: "Le bal", également psychologique, cruel mais plus jubilatoire.

Pour le challenge, je valide:
ENGAGEMENT
"C'est pas Mademoiselle, c'est Madame" : un livre qui traite de la condition féminine .

09 mai 2020

Lost in Time; semaine 1

 CONFLITS / Aux armes citoyens
 


La Lucha est un mouvement non-violent qui nait suite aux constats de multiples injustices. Il revendique l'accès à l'eau courante, à l'éducation gratuite.
Ils sont arrêtés, enlevés, emprisonnés et malgré le danger cette association pacifique s'est agrandie dans tout le Congo, pays où les milices se sont multipliées et où la violence est quotidienne dans certaines régions.
"Mais ce combat remarquable et si courageux ne trouve pas suffisamment d'échos dans les médias et dans les consciences. C'est le rôle de cet album d'y remédier grâce à son graphisme poétique, évocateur mais aussi très pédagogique. L'histoire de l'Afrique a souvent été racontée du point de vue de l'ancien colonisateur. Les chroniques de tous ces jeunes mouvements militants africains doivent frapper kes consciences et inspirer une jeunesse africaine dont les rêves sont très ambitieux."
Angélique Kidjo, Ambassadrice de conscience d'Amnesty International, en préface.

C'est suite à la rencontre avec Florry Cimina, jeune membre de Lucha, en exil, que j'ai voulu en savoir plus. Instructif!
La scénariste, Julie Brabant, s'exprime sur France 24: https://www.facebook.com/FRANCE24.JTAfrique/videos/1689318847782334/?v=1689318847782334























A DAY AT THE ABBEY / Lady Violet

La Peau de chagrin, d'Honoré de Balzac, ici en très bonne compagnie!

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu de littérature classique, il a fallu un peu s'acclimater. Les phrases sont complexes, mais souvent très belles, c'est par moment, de la poésie en prose. J'ai dû chercher quelques mots dans le wiktionnaire (pyrrhonien, curule, chibouque...). Balzac est beaucoup dans le descriptif très détaillé, aussi bien des lieux, des objets que des pensées.
 
Raphaël, amoureux éconduit, vient de perdre au jeu sa dernière pièce d'or. Il décide de se suicider et en attendant la nuit pour se jeter dans la Seine, il entre dans un magasin d'Antiquité. Le marchand lui offre une peau de chagrin qui, comme la lampe d'Aladin, exauce les vœux de son propriétaire. En contrepartie, la peau rétrécit à chaque vœu et la vie du demandeur diminue. Raphaël accepte... 
 
Ce roman fait partie des Etudes philosophiques et illustre ce que dit l'un des personnages: "Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit". J'ai aimé cette lecture exigeante d'un drame très sombre sur la nature humaine qui pousse à la réflexion et à l'admiration.

CONFLITS / La fleur au fusil

Christophe André travaille pour MSF dans le Caucase. Une nuit, il est kidnappé par des Tchétchènes.
"Être otage, c'est pire qu'être en prison. En prison, tu sais pourquoi tu es là et à quelle date tu vas sortir. Quand tu es otage, tu n'as même pas ce genre de repères. Tu n'as rien."
Et pour coller davantage à cette catégorie du challenge, il se trouve que le narrateur  est passionné par l'histoire militaire et pour s'occuper l'esprit, il reconstitue ses batailles préférées: Austerlitz, célèbre victoire napoléonienne, Gettysburg, pendant la Guerre de Sécession...

On est avec Christophe André, dans sa tête. Delisle nous transmet toutes ses réflexions, ses sensations, ses émotions, la peur, la tristesse, l'angoisse, la honte, l'espoir, l'attente. Les dessins sont sobres, il ne se passe pas grand chose et pourtant le dessinateur réussit à varier les positions, les éclairages, etc. On aurait pu s'ennuyer, plus de 100 jours de captivité, les plaisirs sont peu variés, mais non, pas du tout!
Je trouve cette bd très émouvante et très réussie.
p.48

p.52
 A DAY AT THE ABBEY / Lady Sybil


A l'ouverture du roman, l'héroïne est ligotée dans un coffre de voiture, on lui a tiré dessus avant de l'abandonner à moitié morte. Ancienne actrice de films porno, Angel n'avait pas vraiment prévu de jouer les gros bras mais elle n'a pas le choix. Avec un peu d'aide, elle se lance à la recherche de ceux qui la traquent pour se venger.
Un peu sceptique au début, j'ai finalement bien apprécié cette lecture parce que ce n'est pas qu'une histoire de vengeance. L'autrice y dénonce aussi le trafic de mineures que des réseaux mafieux font venir des pays de l'Est. C'est drôle, percutant et surtout elle vrille les clichés.



02 mai 2020

Le Lost in Time Challenge

 Lancé par Redbluemoon (voir sa vidéo sur Youtube) et Aurore, voici un challenge qui m'a tout de suite intéressée. Deux mois, mai-juin, c'est sans doute un délai un peu court pour moi, mais pas de prise de tête, on fera ce qu'on pourra. En tout cas, le premier plaisir est de constituer sa PAL, c'est chose faite! Voici donc les catégories avec les livres que j'ai choisis.

CONFLITS 

 "La Fleur au fusil" : un livre qui traite de la guerre 


Grozni, guerre de Tchétchénie, un otage raconte son enlèvement à Guy Delisle qui en fait une BD.


"Aux armes, citoyens !" : un livre qui traite de révolte ou de révolution 


 Chronique d'une révolution sans arme au Congo, en BD.

"Mes chers compatriotes" : un livre où la place de la politique est importante.




Une affaire politico-judiciaire qui deviendra un des scandales parmi les plus retentissants du XXe siècle. Récit romancé.


 ENGAGEMENT 

"C'est pas Mademoiselle, c'est Madame" : un livre qui traite de la condition féminine 

On ne présente plus Virginie Despentes...


"Eurêka!" : un livre qui traite de l'évolution scientifique 

Je suis une des recommandations de Redbluemoon, mais je ne l'ai pas en ma possession et ma médiathèque ne l'a pas non plus...
Sinon, il va falloir que je fouille plus profondément dans ma bibliothèque, c'est un genre qui se fait assez rare chez moi...

 "I had a dream" : un livre qui traite de racisme 


Une autrice que j'ai vraiment envie de lire plus. Son œuvre est considérable, je n'en ai lu que deux: Les chutes, roman, et Les femelles, recueil de nouvelles.  Je veux continuer à creuser...

 ZEIT GEIST 

"We Have Always Lived in the Castle" : un livre dans lequel se trouve un château 

Un château sur la couverture? période médiévale? c'est tout bon pour découvrir cette BD!


"Raconte-moi une histoire" : une non-fiction historique 

 La condition féminine en images de la Préhistoire à # METOO

"Maman a tort" : une histoire de famille / une saga historique 

Ce roman est étiqueté "relations familiales et surtout relations mère-fille". Je tente.


 NOUVEAU MONDE 

"Invitation au voyage" : un livre dont l'intrigue ne se passe pas en Europe 

Roman policier qui se déroule au Japon, dans "une modeste bourgade au coeur des montagnes" qui abrite "les corps de samouraïs assassinés"...


"L'herbe est toujours plus verte" : un livre dont l'intrigue se déroule dans un pays où l'on n'est jamais allé ...


 ... et je ne crois pas m'y rendre un jour!

"Elémentaire, mon cher Watson" : un livre avec un mystère 

Très bonnes critiques, Prix des lecteurs Quais du polar, une autrice que je n'ai jamais lue: ça se tente.


A DAY AT THE ABBEY 

"Lady Violet" : une relique de la PAL 

La peau de chagrin, Honoré de Balzac.
Un classique qui trône dans ma bibliothèque depuis ... ouh, au moins avant 2000, c'est sûr!!! Je pense que je bats un record là!!!

 "Lady Sybil" : une héroïne badass 


 La critique de Christine Ferniot, de Télérama, m'a convaincue de le choisir pour cette catégorie: 
"Un livre drôle, précis, porté par des descriptions hilarantes. Dans ce roman noir très "dur à cuire", son héroïne prend des coups, mais cicatrise vite et n'oublie jamais rien. Un vrai démon, avec du cœur et un superbe tour de poitrine."

"Lady Mary" : relecture d'un favori 


 On m'avait offert cette BD et je l'avais lue avant d'aller au Japon. Depuis, j'y suis allée deux fois. Je vais donc la relire avec un plaisir double:  je vais retrouver une BD que j'avais adorée et je retrouve une part de Japon.

Et bien évidemment, je m'autorise à changer des livres de ma PAL au gré de mes découvertes!