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28 juin 2020

Lost in Time, dernière semaine

Quelques ouvrages supplémentaires qui entrent dans le challenge:


 NOUVEAU MONDE"Elémentaire, mon cher Watson" : un livre avec un mystère

 Katharina Blum  a abattu chez elle de plusieurs coups de feu un journaliste et se livre à la police.
Le narrateur, s'appuyant sur des sources fiables, nous présente les faits dans un compte-rendu qui se veut être le plus clair possible. Il tente ainsi d'expliquer comment une jeune femme sérieuse et de bonne réputation est arrivée à commettre un acte d'une telle violence.
Par ce roman, il dénonce la presse à scandale, aux procédés ignobles, l'auteur en a été lui-même victime, et l'incompétence de la police.
 En préambule, Heinrich Böll écrit: "L'action et les personnages de ce récit sont imaginaires. Si certaines pratiques journalistiques décrites dans ces pages offrent des ressemblances avec celles du journal "Bild", ces ressemblances ne sont ni intentionnelles ni fortuites mais tout bonnement inévitables."
 J'ai adoré le passage où l'héroïne, indignée, insiste sur le terme "importun" en parlant d'un homme à son égard, alors que la police tente de le remplacer par "tendre" dans le procès-verbal.
 Je l'ai dévoré et je l'ai beaucoup aimé!



CONFLITS"Aux armes, citoyens !" : un livre qui traite de révolte ou de révolution

 1er volet d'une trilogie, cette BD a reçu le Fauve d'or au festival d'Angoulême 2020.

 Elle nous plonge au cœur de l'action dès les premières planches, à hauteur des personnages. On est avec les gens du peuple, hommes, femmes et enfants, entraînés par la foule, on se retrouve avec les députés à l'assemblée, on côtoie des aristocrates, les artisans; les uns soutiennent le Roi, d'autres demandent une réforme. Dans ce tumulte, quelques personnages émergent rapidement.
Je ne suis pas fan du dessin très hachuré, ni des couleurs assez fades, mais il y a des planches extraordinaires. Il s'en dégage une grande force.
C'est une BD originale, complexe, riche, puissante aussi bien par le dessin que par le scénario. A découvrir absolument!


Splendide double page!



20 mai 2020

Lost in Time; semaine 2

 Deux livres se sont ajoutés à ma première sélection. Ils ont été sélectionnés dans le club de lecture de Nabolita, booktubeuse que je suis avec grand intérêt. Ils s’intègrent parfaitement au challenge:

ZEIT GEIST
"Maman a tort" : une histoire de famille / une saga historique 



 Pearl Buck raconte l'histoire d'une famille (mère, père, grand-mère, 3 enfants vivants) paysanne très pauvre du début du XXe siècle. La mère, héroïne du quotidien, porte cette famille à bout de bras et brave les difficultés, et elles ne manquent pas!, avec courage.
Je ne pensais pas lire cette autrice un jour et grâce à ce club de lecture, je l'ai découverte et beaucoup appréciée: l'écriture, le portrait sensible de cette mère-courage, la vie dans ce village perdu, les réflexions assez féministes. J'ai hâte de lire d'autres romans d'elle!

La mère doit régulièrement interrompre son travail pour allaiter ou apaiser son dernier né. 
"Son mari se fâchait de ces interruptions trop fréquentes: "Vas-tu donc continuer à me mettre toute la besogne sur le dos? Tu ne fais que commencer à enfanter, et pendant vingt ans il faudra que je supporte de te voir allaiter un gosse après l'autre? [...]" 
Elle riposta sur le même ton, car ils étaient jeunes tous les deux, colères et emportés. Elle lui cria:
"N'aurais-je rien pour mes peines? Travailles-tu chargé d'un fardeau pendant plusieurs mois, comme je le fais? Supportes-tu les douleurs de l'accouchement? Toi, tu te reposes, quand tu rentres, mais moi j'ai à préparer la nourriture, m'occuper de l'enfant, amadouer et dorloter une vieille femme, et en prendre soin..."

"Elle savourait sa vie : enfanter, travailler la terre, manger, boire et dormir, balayer et mettre un peu d'ordre dans sa maison, s' entendre louer par les autres femmes pour son adresse au travail, ses talents de couture, et même se quereller avec son mari, ce qui aiguisait leur amour, autant de jouissances pour elle ; c'est pourquoi, chaque matin, elle se réveillait avec entrain."

 "Elle ne considérait pas le mensonge en lui-même comme une chose impardonnable, car chacun doit mentir un peu pour sauver son honneur."

A découvrir absolument!

Voici un autre modèle de mère, complètement à l'opposé de la mère de Pearl Buck puisque la femme de ce court roman, Gladys, est d'un milieu très riche, dont la seule préoccupation est d'exercer son pouvoir de séduction et se sentir aimée. Tout va bien pour elle au début car elle est d'une grande beauté.
Le roman s'ouvre sur son procès: elle est accusée d'avoir tuer son très jeune amant puis retrace son histoire jusqu'au meurtre.

 Irène Némirovsky dresse le portrait d'une femme-objet plus ou moins femme-enfant adulée dans cette société de privilégiés, du début du XXe siècle, autre point commun avec P. Buck.
Elle le parsème de réflexions mysogynes comme on a pu en entendre longtemps de ce genre:
"Elle était femme, elle n'avait jamais su voir plus loin que le lendemain."
On grince des dents!

Le titre annonce le ton: Jézabel était une femme malfaisante et prophétesse de malheur dans le nouveau testament. Je la considère ici comme une victime même si elle a tué.
Drame psychologique d'une grande cruauté, terriblement bien raconté.
Je n'ai encore jamais été déçue par cette autrice! Ce court roman est à rapprocher d'un autre roman très court: "Le bal", également psychologique, cruel mais plus jubilatoire.

Pour le challenge, je valide:
ENGAGEMENT
"C'est pas Mademoiselle, c'est Madame" : un livre qui traite de la condition féminine .