20 janvier 2019

3/ La Vie secrète des arbres


Parmi les livres de non-fiction qu'il m'arrive de lire, viennent en tête les livres scientifiques sur les animaux et le monde du vivant, suivis de près par les livres sur le cinéma. La forêt occupe une place importante pour nombre d'entre nous, surtout lorsqu'on a un chien et qu'elle nous permet de belles balades. Pourtant, on n'y connait pas grand chose à ces géants qui la composent!
A la fin de la lecture de ce livre, écrit par un forestier, on en sait un peu plus mais il reste beaucoup de choses à découvrir et les scientifiques n'en sont qu'au début de leurs observations. Il faut dire que l'objet d'étude n'est pas simple à manipuler en laboratoire! Et l'étude d'une vie complète d'un arbre par une même équipe scientifique est impossible puisqu'il vit 500 ans, quand tout se passe bien!
Autour de l'arbre fourmille toute une vie, minuscule et discrète, utile non seulement à l'arbre qui l'abrite bien sûr mais également à toute la biodiversité.

C'est passionnant, bien écrit et la version illustrée est superbe!


Girafes et acacias:
"Dans les années 1970 , des chercheurs ont mis en évidence l'étonnant comportement d'une espèce d'acacia de la savane africaine dont les feuilles sont broutées par les girafes. Pour se débarrasser de ces prédateurs très contrariants, les acacias augmentent en quelques minutes la teneur en substances toxiques de leurs feuilles. Dès qu'elles s'en rendent compte, les girafes se déplacent vers les acacias voisins. Voisins ? Non, pas tout à fait, elles ignorent tous ceux qui se trouvent dans le périmètre immédiat du premier arbre et ne recommencent à brouter qu'une centaine de mètres plus loin. La raison en est surprenante: les acacias agressés émettent un gaz avertisseur (dans ce cas de l'éthylène) qui informe leurs congénères de l'imminence d'un danger. Aussitôt, les individus concernés réagissent en augmentant à leur tour la teneur en substances toxiques de leurs feuilles. Les girafes, qui n'ignorent rien du manège, se déplacent jusqu' aux arbres non avertis. Ou bien elles remontent le vent. 
Les messages olfactifs étant transportés d'arbre en arbre par l'air, si elles se déplacent dans le sens contraire au vent, le premier arbre voisin n'aura pas été informé de leur présence, et elles n'auront pas à interrompre leur repas."




les hyphes:
Je ne connaissais pas du tout, en plus, c'est un super mot pour le scrabble!!!
Ce sont des filaments que les champignons développent dans le sol et qui servent à communiquer telle la fibre optique d'internet. "Aujourd'hui, les scientifiques parlent même de "Wood-Wide-Web" pour évoquer l'activité de ce réseau forestier."
"Pour vous donner une idée, une cuillerée à café de terre forestière contient plusieurs kilomètres de ces filaments."

Solidarité:

"Que seuls les plus forts survivent, cela ne va-t-il pas dans le sens de l'évolution? Je crains que les arbres ne soient pas de cet avis. Leur bien-être dépend de la communauté; si les plus faibles disparaissent, tous y perdent. La forêt devient ouverte à tout, aux brûlures du soleil, aux vents violents qui pénètrent jusqu'au sol et modifient l'environnement climatique, frais et humide. Même les arbres robustes sont victimes de maladies plusieurs fois au cours de leur vie et dépendent de l'aide de leurs voisins les plus faibles."
On est loin de la morale du "Roi Lion"!!!

Question de chance:
"Un hêtre produit au moins 30 000 faînes tous les cinq ans (voire tous les deux à trois ans avec le réchauffement climatique, mais laissons cet aspect de côté pour l'instant). Selon la quantité de lumière qu'il reçoit, il atteint la maturité sexuelle entre 80 et 150 ans. Si l'on considère qu'il vit 400 ans au maximum, il va donc fructifier au mins 60 fois et produire au total environ 1,8 million de faînes. Sur ce 1,8 million de faînes, une seule deviendra un arbre. Pour une forêt, c'est un super score, quelque chose comme les six bons numéros du Loto. Tous les autres embryons sont soit mangés par des animaux, soit transformés en humus par des champignons et des bactéries."


Quelques animaux du sol:
Le groupe d'acariens le plus répandu dans le sol est les Oribates; ils ne mesurent pas plus d'un millimètre Photo © Reytan / GNU Free Documentation License
collembole

Curculionidae




"Nous avons beaucoup à apprendre 
des arbres." 
PETER WOHLLEBEN










15 janvier 2019

2/ L'Affaire Léon Sadorski


avril 1942 à Paris.
Premier volet de la "saga" Léon Sadorski, inspecteur aux renseignements généraux, qui donne un coup de main, de temps en temps, aux Brigades Spéciales lorsque s'organise une arrestation de terroristes. Sous le nom de terroristes, il faut comprendre: gaullistes, communistes, juifs ou pire, les deux à la fois!

Dans ce volet, notre héros antisémite, anticommuniste, pétainiste, est fortement maltraité: d'abord par les nazis qui l’emmènent de force à Berlin où il sera emprisonné et interrogé quelques temps, puis par la pègre ayant pignon sur rue car elle est la Gestapo française.

A l'inverse du second volet, par lequel j'ai commencé et que j'ai préféré, les informations sur l'époque s'imposent sur la fiction. Même si elles sont importantes, elles me semblent plus "parachutées" alors que dans le 2e volume, ces infos sont au service de l'intrigue, c'est mieux ficelé, mieux raconté.
Ce volume est intéressant cependant parce qu'il précise la personnalité détestable de Sado, qui porte bien son surnom, et qui prendra de l'ampleur par la suite, et parce qu'il raconte cette France occupée et soumise, qui trafique, qui triche, qui souffre... 

 Le décor est planté, j'ai prévu de lire le 3e tome cette année, à suivre donc.

1. L'affaire Léon Sadorski
2. L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski
3. Sadorski et l'ange du péché



07 janvier 2019

1/ L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard



1795. Victor Renard raconte sa vie devant un public et un jury dont le verdict sera vraisemblablement la mort. En cette période troublée, la guillotine allait bon train!
Au cours de son récit surgit toute une galerie de personnages parfaitement décrits et aux psychologies aussi variées qu'intéressantes. Côté femmes il est entouré d'une mère ignoble, qui l'a détesté dès sa naissance, d'une épouse qu'il n'a pas vraiment choisie et d'Angélique qui le choisit pour être son chevalier servant, il devra répondre à ses caprices, il l'aimera passionnément. Côté hommes, il a un père qui le maltraitait, un maître qui le formera dans la bienveillance et la droiture, des amis peu fiables et un ancien esclave qu'il a pris sous son aile et qui lui restera fidèle.
Son existence est cernée par la mort: celle de son frère jumeau, dès la naissance, celle de son père, au début du récit ... Comme son cou, sa vie est tordue et les difficultés s'accumulent. C'est donc en toute logique qu'il se retrouve apprenti embaumeur, apprivoisant la mort.
Victor est un personnage attachant, naïf et innocent, mais il apprend de la vie et connaît quelques réussites.
L'autrice nous détaille les gestes professionnels et tout ce qui gravite autour de cet art de l'embaumement. Précise sans nous ennuyer, au contraire, elle nous révèle des faits réels, historiques et tellement insolites!
Savez-vous ce que sont les "mumies"? Non? Alors à découvrir dans ce superbe roman!

Un récit captivant, original, surprenant, qui retrace particulièrement bien l'ambiance de l'époque et d'un milieu, celui des plus pauvres. On pense au "Parfum" de Süskind.

Martin Drolling « Intérieur d’une Cuisine » exposée au Musée du Louvre

Alexandre Pau de Saint-Martin (1751-1820)
"Vue de Caen"

En lisant "L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard", on découvre quel lien unit ces deux œuvres.

05 janvier 2019

Pile à lire de JANVIER

Un peu de changement pour cette année 2019: au lieu de donner une liste annuelle qui ne sera pas respectée, même si je m'en suis préparé une, je mettrai les 4 ou 5 livres prêts à être dévorés dans le mois! En essayant de maintenir un total d'une cinquantaine de livres, comme en 2018...

Pour JANVIER, voici les heureux élus:





Après en avoir fini avec Victor Renard l'embaumeur bien évidemment!


01 janvier 2019

Bilan du défi 2018

1/ANGIONI GIULIO
A la face du monde
2/ ORIZET JEAN
Les plus beaux poèmes d'amour de la langue française
3/ DESPENTES VIRGINIE
Vernon Subutex 2
4/ BENACQUISTA TONINO
Romanesque
 5/ COLLETTE SANDRINE
Des nœuds d'acier
6/ RAGOUGNEAU ALEXIS
Niels(-)
7/ DEVOIS MARIE
Van Gogh et ses juges
 8/ REZA YASMINA
Babylone(-)
 9/ VIEL TANGUY
Article 353 du code pénal***
10/ DELMAS et MINET
Tea sommelier
11/ DARRIEUSSECQ MARIE
Être ici est une splendeur***
12/ SLOCOMBE ROMAIN
L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski***
13/ FREMAUX THIERRY
Sélection officielle***
 14/ VARGAS FRED
Quand sort la recluse***
15/CHALANDON SORJ
Mon traître
16/ ECHENOZ JEAN
Envoyée spéciale***
 17/ TSUTSUI YASUTAKA
Les hommes salmonelle sur la planète Porno
18/ TAYLOR GLENN
La ballade de Gueule-Tranchée
19/ CAYRE HANNELORE
La Daronne***
 20/ MIZUKI SHIGERU
Dictionnaire des Yokai
 21/ DONGALA EMMANUEL
La sonate à Bridgetower***
22/ STAHL JERRY
Speed Fiction
23/ NOREK OLIVIER
Code 93***
24/ BRACHT MARY LINN
Filles de la Mer***
25/ HAENEL YANNICK
Tiens ferme ta couronne (-)
 26/ VUILLARD ERIC
 L’Ordre du jour***
 27/ LE CLEZIO JMG
Alma(-)
28/ ZOLMA JERÔME
La Belle du Gévaudan(-)
29/ AGUS MILENA
Terres promises
30/ MINOUI DELPHINE
Les Passeurs de livres de Daraya***
31/ PORTES JEAN-CHRISTOPHE
L'Affaire des Corps sans tête***
32/ KAUR RUPI
lait et miel***
33/ RIGONI STERN MARIO
Le livre des animaux
34/PASTOUREAU MICHEL
L'Ours. Histoire d'un roi déchu***
35/ LE BRIS MICHEL
Kong***
36/ MONNIN ISABELLE
Les gens dans l’enveloppe
37/ Mc BRIDE JEFF
L'oiseau du bon dieu***
38/ LELAIT DAVID
Poussière d'homme***
39/ BESSETTE HELENE
Vingt minutes de silence***
40/ BAUWEN PATRICK
Le Jour du Chien
41/ LUCKEN MICHAEL
Japon l’archipel du sens
42/ FEL JEREMY
Les loups à leur porte***
43/ FEREY CARYL
Condor 
44/ ACKERMAN DIANE
La femme du gardien de zoo
 45/ EBERHARDT ISABELLE
Amours nomades
46/ SAIKAKU IHARA
Cinq amoureuses
47/ FERRANTE ELENA
L'amie prodigieuse (1)
48/ ROLIN JEAN
Le Traquet kurde(-)
49/ POLLET-VILLARD
L'enfant- mouche***
50/ JAENADA PHILIPPE
La femme et l'ours
51/ HOPE ANNA
La salle de bal***
52/ GOURAUD MARC
Les Supplices de la Passion (-)
53/GAUTREAUX TIM
Nos disparus
54/ DESPROGES PERRINE
Desproges par Desproges***


BD:
1/ VIVES BASTIEN

Polina
2/ SAPIN MATHIEU

Gérard 5 années ds les pattes de Depardieu***
3/ MONTELLIER CHANTAL

Odile et le crocodile
 4/ CHOI MIN-HO

Old Dog t.1
5/ VIVES BASTIEN

Une sœur***
 6/ CANALES et GUARNIDO
Blacksad L'Enfer, le silence***
  7/ MOEBIUS et TANIGUCHI
Icare(-)
 8/ DUCOUDRAY et ALLAG
 L'anniversaire de Kim Jong-il***
9/ KAZUO KAMIMURA
 L'Apprentie geisha
10/ PHILIPPE VALLETTE
 Jean Doux et le mystère de la disquette molle
11/ LOISEL et LE GUIREC
 Troubles fêtes
12/ LARCENET Manu
Blast t.1 et 2***
13/ BYMÖKO
Au pied de la falaise
14/ ABIRACHED et ENARD
Prendre refuge
15/ BOILET et PEETERS
Tôkyô est mon jardin
16/ SPENALE MARIE
Heidi au printemps
17/ CINNA et BARBONI
Hibakusha
18/ PERRISSIN et DURIEUX
Geisha ou le jeu du shamisen***



La liste 2018 a été bien chamboulée mais riche en coups de cœur et très belles découvertes!
Parmi les auteurs que j'ai découverts cette année, il y a:

- Romain SLOCOMBE et son horrible inspecteur Sadorski
- Hannelore CAYRE
- Olivier NOREK avec Lacoste, son équipe et son réalisme dans le polar
- Bastien VIVES en BD
- Jérémy FEL que je caserai si je peux l'ajouter à une liste 2019 déjà trop longue

D'autres auteurs persistent et signent: Tanguy Viel, Fred Vargas, Jean Echenoz, Anna Hope, Larcenet, Canales et Guarnido avec Blacksad...

Certains accompagneront l'année 2019.
LE COUP DE CŒUR de l'année 2018 
sera pour moi 
"Kong" de Michel LE BRIS, 
pour son côté aventures époustouflantes, ses personnages hors du commun et son regard sur l'Amérique du cinéma et des inventeurs, ainsi que sur notre monde. Il ne faut pas avoir peur de ses 944 pages, elles se tournent toutes seules.


BONNE ANNEE à tous, 
pleine de très bonnes lectures !

31 décembre 2018

54/ Desproges par Desproges



Quel bonheur de retrouver cet artiste aimant déboulonner les statues aussi bien du monde des médias que celui des politiques! On ne peut que regretter qu'un tel personnage n'existe pas aujourd'hui. J'aurais tellement aimé l'entendre égratigner les décideurs actuels, si bouffis d'eux-mêmes et si méprisants avec ceux qui les ont élus, ou pas. Qu'aurait-il trouvé au sujet des gilets jaunes? et sur la mort sans fin d'un Johnny sacralisé au plus au point ? sur les réseaux sociaux? les "Balance ton porc", lui qui collectionnait les cochons? Et sur bien d'autres sujets encore, on se rend compte qu'il manque cruellement.

Une très belle piqûre de rappel qui fait du bien, un document indispensable qui présente l'homme et l'artiste, enrichi de très nombreuses photos.





29 décembre 2018

53/ Nos disparus

1918. Sam Simoneaux, dont la famille a été massacrée quand il avait six mois, débarque en France le jour de l’Armistice. D'abord déçu, il comprend sa chance lorsqu'on l’envoie nettoyer les champs de bataille de l’Argonne.
1921. Rentré traumatisé à La Nouvelle-Orléans où il est devenu responsable d’étage aux grands magasins Krine, Sam ne peut empêcher l’enlèvement, quasiment sous ses yeux, de Lily Weller, trois ans et demi. Licencié, sommé par les parents Weller de retrouver leur enfant, il embarque comme troisième lieutenant à bord de l’Ambassador, bateau à aubes qui organise des excursions sur le Mississippi. Le roman longe le fleuve sur fond de musique de jazz – orchestre noir, orchestre blanc et alcool de contrebande, à la rencontre d'une étrange population venue là pour danser, tenter sa chance sur les machines à sous ou se battre. Il faut bien se défouler!


Comme dans "Le dernier arbre", une grande importance est faite aux liens familiaux, sur ce qui nous est transmis et ce qu'on transmet à notre tour, sur les conséquences de nos actes.
A le lire, on comprend bien que l'auteur, à travers son héros pacifiste, ne partage pas la passion des armes de ses contemporains.

On est vraiment plongé dans l'ambiance jazz, croisière sur le Mississipi (plutôt sportive par moment!), et on retrouve le côté glauque et poisseux de l'univers des bayous, si bien montrée dans la série "True Detective" saison 1. 
Un bon scénario tiré du roman ferait un super film!

"Il ne parvint pas à trouver les mots pour finir sa phrase. Peut-être n'y avait-il pas de mots pour décrire l'absence d'envie de vengeance. En quoi la vengeance aurait-elle pu apporte quelque chose à un bébé si heureux d'avoir été tiré du poêle pour se retrouver entre les bras de son oncle? Il lui vint à l'esprit cependant que depuis il aurait pu comprendre, à un moment ou à un autre, si la vengeance était importante. Mais à quoi pouvait-elle bien servir ? A rendre la monnaie de sa pièce à un salaud ? On ne lui avait pas appris à penser de cette façon. Son oncle lui avait dit et répété que la vengeance ne menait nulle part et qu'un salaud se punissait tout seul en en étant un."

« Tu veux tirer un coup ?
- Ben oui.
- Qui tu veux ? »
Billsy réfléchit un moment.
« Cette fois, je voudrais bien une fille avec des dents. »


"Petit, un pistolet dans la poche d'un homme change sa façon de penser. Quand il n'en a pas, il hésite à prendre certains risques. Quand il en a un, il va là où il ne devrait pas, ou fait ce qu'il ne devrait pas faire. Il pense qu'une arme est un passe-partout, mais il se trompe.
- Mais c'est aussi une protection, non ? Un dispositif de sécurité?
- Quand on ne sait pas nager, il vaut mieux ne pas s'approcher de l'eau."







08 décembre 2018

BD18 Geisha ou le jeu du shamisen


Joji, qui a sept ans au début du récit, vient de quitter, avec sa famille, le village où il n'y a plus de travail pour son père.  La route est longue jusqu'à la ville porteuse d'espoir.


Tout va bien jusqu'au jour où son père a un accident et ne peut plus subvenir aux besoins de la famille. A contrecoeur, il vend sa fille aînée à Mme Tsushima, tenancière d'une okiya, maison de geishas. Cette femme va maintenant se charger de son éducation...

"La dame à qui je te confie te permettra d'avoir la vie que je ne peux pas t'offrir."



 L'histoire nous plonge dans le Japon du début du XXe siècle, avec un personnage de jeune fille qui, loin de correspondre aux critères de beauté attendus pour devenir une geisha, se révèle douée pour la pratique du shamisen, intelligente et sensible. On est vite en empathie avec Joji, rebaptisée Kitsune, la Renarde.
Les dessins sont magnifiques, particulièrement les paysages, les rues, le chat! Le noir et blanc, avec toutes les nuances de gris, est lumineux.
J'adooore!
J'ai hâte de lire la deuxième partie!


07 décembre 2018

52/ Les Supplices de la Passion


Le livre étant porté aux nues par une booktubeuse que je suis, j'ai voulu le lire sans plus attendre, surtout à 1.99 € sur le site de Kobo!

Déception!!! Plusieurs fois j'ai éteint la liseuse en levant les yeux au ciel. La première fois, c'est quand Philippe, le super flic macho, descend de sa Porsche...Ben voyons, c'est bien connu, les flics ont les moyens de s'en payer une!!! Se succèdent des scènes graveleuses et sexistes, les doigts d'honneur de Julie, l'héroïne hyper sexy, adressés à ses collègues obsédés. D'ailleurs, cette dernière, travaillant avec une telle équipe et se rendant sur une scène de crime abominable, n'a rien trouvé de mieux que d'enfiler une robe courte et transparente et en plus, oups!, comme elle s'est habillée très vite, elle a oublié de mettre des sous-vêtements!! Oh, mais quelle étourdie, cette Julie!
On a également droit à des scènes présentant une sorte de catalogue érotique, des scènes classiques, à des scènes qui le sont moins: avec une prostituée, puis deux, une scène lesbienne... Et c'est normal que la jeune fliquette trop mignonne soit attirée par un quadra voire même un quinqua? ...D'accord, d'accord, pourquoi pas!

Le texte est truffé d'erreurs. Des erreurs comme celle-ci: 
" - Bonjour Mademoiselle Fronsac, bien dormi?
Julie posa son téléphone et regarda le médecin qui se tenait au bout de son lit.
- Euh oui, merci... mais dites auriez-vous l'heure car je crains que mon téléphone n'ait un problème, il indique dix-neuf heures trente.
Le médecin lui adressa un franc sourire et Julie ne put s'empêcher de le trouver séduisant.
- Je vous rassure Julie, je peux vous appeler Julie? Votre téléphone fonctionne parfaitement. Il se trouve qu'il est bien seize heures vingt."   ÔÔ

Et les tirets? c'est bien quand on change de personne dans un dialogue, comme celui qui est au-dessus? Très souvent, ils sont mis pour la même personne, donc il faut bien relire pour savoir qui a dit quoi!
On trouve aussi de belles fautes de français comme: "Elle ria dans l'appareil."  Si si, je vous jure! ÔÔ

Je ne savais pas que j'avais acheté une épreuve non-corrigée...

Que dire de l'intrigue? Les meurtres sont violents, on a affaire à un bon gros serial killer, un début d'enquête nous apporte quelques éléments, très bien. Mais on nous entraîne plus souvent dans les histoires de cul des personnages que dans la recherche d'indices et la vérification de preuves. Quant à Philippe, le soi-disant super flic, il ne se montre pas vraiment brillant, même si l'auteur nous répète très souvent qu'il l'est. 
Mais, ô miracle, Julie résout l'affaire au cours d'un voyage en train entre Bordeaux et Toulouse. Ce qui est formidable, c'est qu'elle arrive à tout bien ranger dans sa tête, ce qui lui permet de tout comprendre. Si encore, on avait pu suivre son raisonnement, sa recherche "mentale", mais non! C'est à la fin que tout se dénoue, on a toutes les explications, les causes, les effets et le coupable. Mais  ça ne me suffit pas, je n'adhère pas à la fin, surtout après toutes les invraisemblances accumulées!
NON, non et non! Même si quelques scènes sont réussies, vraiment peu, trop de lourdeurs, de "pfff" et de "ben voyons!" pour moi.

Ceux qui aiment les polars et défendent la cause des femmes s'abstenir!

01 décembre 2018

La Tresse, en livre audio


Ce roman nous conte les destins de trois femmes (Smita, Giulia, Sarah), dans trois pays différents (Inde, Sicile, Canada), dans des contextes différents. Ce qui les relie toutes les trois, c'est d'abord la difficulté d'être une femme: le roman raconte leur combat quotidien , pour s'affirmer en tant qu'être à part entière et lutter pour devenir ce pour quoi elles vivent. Elles luttent contre la discrimination et brisent les chaînes que leurs sociétés tentent de leur imposer.
Elles sont courageuses face à l'adversité et assument fièrement leur féminité.

La lecture a su capter mon attention alors que j'écoutais en conduisant, sans doute grâce à l'alternance des histoires et des voix des trois lectrices, une par héroïne. On les suit avec plaisir et intérêt jusqu'au dénouement où tout est relié, comme l'annonce si bien le titre.

Il ne manque plus que le film...qui arrive!

"Amazone : vient du grec "mazos" : mamelle, précédé du "a" : privé de. Ces femmes de l'Antiquité se coupaient le sein droit, pour mieux tirer à l'arc. Elles formaient un peuple de guerrières, de combattantes à la fois craintes et respectées, qui s'unissaient aux mâles des peuplades voisines pour se reproduire, mais élevaient leurs enfants seules. Elles employaient des hommes pour assurer les tâches domestiques. Elles menaient de nombreuses guerres, dont elles sortaient souvent vainqueurs."

22 novembre 2018

50/ La femme et l'ours


Petite modification: "La serpe" étant très souvent emprunté à la médiathèque, j'ai décidé de le remplacer par un autre livre de Jaenada. 
  
Bix Sabaniego, l'alter égo de Jaenada, aime son fils et sa femme, mais le train train quotidien de cette petite famille étouffe le couple. Lors d'une crise de trop, notre anti-héro décide de prendre l'air et s'ensuit un voyage tragico-loufoque, nimbé d'alcool et de désir sexuel trop longtemps contenu.

"La vie sans alcool ou adjuvant de ce genre est ingrate, trop lisse, trop plate pour qu’on l’embrasse  – on n’a que quelques années à sentir son cœur battre, quelques années pour profiter de tout, et le premier mot d’ordre serait la sobriété ? La retenue ? Restons lucides et modérés ? C’est idiot." 

 "J'avais cru réagir, me propulser énergiquement hors de mes rails pour trouver mieux, alors que ce n'était en réalité qu'une brève mise hors du monde, de mon monde, qu'une fuite stérile et vaine, dont le seul but du moins était d'atteindre un précipice."

J'y ai retrouvé avec grand plaisir le style (parenthèses et digressions) et l'humour (teinté de noir, mais plus débridé) de l'auteur découvert avec "La petite femelle". Ici s'ajoutent fantaisie et beuveries d'un personnage en chute libre.
 

18 novembre 2018

BD16 Heidi au printemps


Excellent résumé du site des éditions Delcourt:

"En reprenant le personnage d’Heidi, devenue jeune femme, Marie Spénale raconte la découverte du corps, les premières relations sexuelles et l’émancipation dans un conte initiatique et explicite sur le passage à l’âge adulte.

Le temps innocent des balades bucoliques dans les Alpes se termine. Heidi est
 désormais une jeune femme avide de découvertes. De son corps, pour commencer, mais aussi de celui de Peter, le joli chevrier. Entre ces premières fois maladroites et un grand-père qui ne veut pas la voir grandir, entre les désirs et les angoisses, se dessine finalement une grande question : comment devient-on femme ?"
















 A qui s'adresse cette BD? "à un public averti" comme annoncé sur la couverture? Dans ce cas, même si cette BD est plutôt charmante, elle n'est pas inoubliable. Pour des ados? mais alors, qui est ce "public averti", des ados avec autorisation de leurs parents???






09 septembre 2018

Le Livre sur la Place 2018

Comme si je n'avais pas assez de livre à lire!!! Voici mes dernières acquisitions, toutes dédicacées:









24 août 2018

38/ Poussière d'homme


Ce récit est une déclaration d'amour post-mortem. L'auteur s'adresse directement à l'homme aimé et perdu, raconte la douleur de cette perte définitive, douleur plus vive encore car incompréhensible, trop jeunes pour même pouvoir l'envisager. Il raconte aussi la rencontre, les premières vacances, les débuts d'une vie à deux, hélas trop brève, la maladie, la mort.
" Rien d'autre que la mort n'aurait pu nous séparer. Elle ne s'est pas gênée."

Bien que ce soit d'une grande tristesse c'est très beau, l'écriture douce et poétique rend le récit encore plus bouleversant. 

début:
"Ce dimanche 3 avril, au soir, tes jours d'homme m'ont filé est entre les doigts. Au presque commencement de ma vie, je t'ai perdu, toi avec qui je voulais la finir. Nous avions oublié d'être mortels, le temps nous a rattrapés. La voix blanche et la colère noire, j'ai eu beau t'appeler, tu étais déjà parti, loin. Ta vie, minuscule tourbillon de quelques lunes et soleils, cessait là de tournoyer, sur le rivage carrelé, blanc et glacé, d'un hôpital. Un an sans toi, il y a trop longtemps, il y a si peu. Mais l'absence se rit du temps, elle déchire les calendriers, dérègle les horloges, rend folles leurs aiguilles. L'absence est un compagnon fidèle qui coule désormais mes chemins d'exilés."



"Il m'apparaît que nous avons lâchement oublié de vivre avec la mort. Elle est cet objet encombrant que l'on enfouit au fond de soi. Nous la fuyons, la cachons, la nommons à demi-mot. Nous l'avons aussi dépouillée de ses rituels. En d'autres temps, la mort s'accompagnait de gestes qui venait de très loin et du partage le plus intime, on osait la regarder en face, longuement et lentement, pour mieux la dompter.
Parce qu'on craignait qu'elle ne ... plus jamais de la maison, on éteignait le feu, s'abstenait de balayer et veillait à vider les seaux et les récipients où elle aurait pu se tapir. On voilait les miroirs et on enlevait une tuile du toit afin qu'elle puisse s'échapper. Après s'être acquitté d'un jeu de porte ouverte ou fermée, on sortait de la maison pour appeler la mort et la convaincre de quitter les lieux. On sonnait le glas et, selon un circuit rigoureux, on prévenait tout le voisinage du décès de son proche. On voilait les ruches et prévenait même les animaux de la ferme de la perte du maître. Alertés, parents et voisins accouraient avec le souci d'accompagner le défunt. Les adieux duraient des jours et des jours. Aujourd'hui, on les expédie, entre deux rendez-vous, au cœur d'une ville qui ne sait pas se taire."



23 août 2018

37/ L'oiseau du bon dieu


C'est à travers les yeux d'Henry Shackleford, jeune esclave de douze ans, anti-héros, que nous suivons l'épopée de John Brown, dit le Vieux, puis Capitaine, antiesclavagiste un brin halluciné, illuminé par une foi inébranlable en Dieu et son fils Jésus, de 1856 à sa mort en 1859. Il s'est donné pour mission de libérer les Noirs du sud des États-Unis et se lance dans une véritable guerre avec son armée de renégats. 
Henry est pris pour une fille, est surnommé "Petite Échalote" et devient le porte-bonheur de Brown et de sa bande. Embarqué dans l’aventure bien malgré lui, il finira par s'attacher à ce grand personnage historique et son regard apporte au roman de la loufoquerie, un peu de férocité et beaucoup d'humanité mais il est loin d'être naïf.

Je ne connaissais absolument pas John Brown et encore moins cet épisode qui a sans doute été la première secousse abolitionniste d'envergure dans le pays. James Mc Bride nous permet de rencontrer d'autres grands personnages, tout aussi inconnus de moi d'ailleurs, Noirs ou Blancs, qui ont oeuvré sans doute avec moins de folie dans le sens de John Brown. Et ce n'est pas avec Trump que ces personnages risquent d'être mis à l'honneur!

JOHN BROWN



















 FREDERICK DOUGLAS
 quelque peu égratigné dans ce roman!



 HARRIET TUBMAN
 Bien que la rencontre soit très brève, l'auteur nous fait ressentir la forte personnalité et l'importance de cette grande Dame.




Projet de billet de 20 dollars...
 Harriet Tubman, celle que l’on surnomme « Black Moses » (Moïse Noire) sera le visage du futur billet de 20 dollars qui doit être mis en circulation vers les années 2020. C’est l’un des billets les plus utilisés par les Américains. Une manière symbolique de reconnaitre la bravoure et la détermination de cette femme noire durant la lutte contre l’esclavage et la guerre de Sécession. (de l'article de creoleways en lien ci-dessous)


 Deux articles sur le net la concernant:

https://creoleways.com/2016/04/21/harriet-tubman-lheroine-noire-abolitionniste-en-effigie-sur-le-billet-de-20-dollars-us/

https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Harriet-Tubman-Moise-noire-2018-05-08-1200937448


Ce roman, fantasque et émouvant, est pour moi une très belle découverte! Au début je me suis demandée dans quel délire m'embarquait Mc Bride, mais quand j'ai compris que certains personnages et surtout que les évènements avaient vraiment existé, cela a augmenté l'intérêt et le plaisir de ma lecture.

 extraits:

p.259
"- On s'est fait rouler par un malfaisant, l’Échalote. Le diable est à l' œuvre. Mais le Seigneur estime que nous n'avons pas besoin d'entraînement pour mener notre guerre. Par ailleurs, mon grand plan est sur le point d'être déclenché. Il est temps de rassembler les reines des abeilles. On file au Canada.
- Pourquoi, Capitaine?
- Est-ce que c'est sur l'homme blanc que les Noirs peuvent compter pour mener leur guerre, Petite Échalote ? Non. C'est sur les Noirs eux-mêmes. On est sur le point de lâcher les vrais gladiateurs dans ce combat contre l'iniquité diabolique. Les chefs du peuple noir eux-mêmes. En avant."

 p.265
"-  Je m'appelle Harriet Tubman. Et je connais cet homme. (Elle fait un signe de tête en direction du Capitaine.) John Brown, il a pas à expliquer quoi que ce soit à la simple femme que je suis. S'il dit qu'il a un bon plan, c'est qu'il a un bon plan. Y a personne ici qui peut en dire autant. Il en a pris des coups, pour les gens de couleur, et il est resté debout. Il a une femme et des enfants qui meurent de faim chez lui. Il a déjà donné la vie d'un de ses fils pour la cause. Y en a combien ici qui en ont fait autant ? Il vous demande pas de nourrir ses enfants, hein ? Il vous demande pas de l'aider non plus. Il vous demande de vous aider vous-mêmes. De vous libérer vous-mêmes."

25 juillet 2018

34/ L'ours Histoire d'un roi déchu


Encore un livre passionnant de Michel Pastoureau, historien médiéviste, à la croisée de l'histoire et de la zoologie, qui tente de rendre hommage à un animal autrefois adoré et aujourd'hui en voie d'extinction, relégué dans les musées. 
De l'ours des cavernes à l'ours qu'on tente vainement de réintroduire dans nos Pyrénées, le regard que l'homme porte sur cet animal n'a cessé d'évoluer tout au long de l'histoire de l'humanité, avec un rôle prépondérant de l’Église. Mais pourquoi? Comment l'ours, d'une image de puissance suscitant l'admiration dès la Préhistoire et pendant l'Antiquité est-il arrivé à une quasi extinction?

Tout est clairement expliqué, avec de nombreux exemples concrets et en s'appuyant sur des textes historiques et je ne regrette qu'une chose: le manque d'illustrations! Heureusement, internet pallie à cette frustration! Mais j'aurais vraiment aimé un livre comme il l'avait fait pour les couleurs, rendant ses livres très beaux en plus d'être très instructifs.