29 décembre 2011

30/40: Le ratichon baigneur



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Ce livre réunit quinze nouvelles ou saynètes très courtes. L'ensemble présente différents aspects des écrits propres à Boris VIAN: l'absurde, les jeux de mots, les grivoiseries, l'humour, les situations farfelues... Les premières, plus portées sur l'absurde, m'ont moins amusée que les autres.
Pourquoi Caïn a-t-il tué Abel?
Pourquoi faut-il emmener sa fiancée à la piscine?
Qu'ont donc de particulier les filles nées en avril?
Vous le saurez en lisant ce livre!

p. 99

"Je rougis modestement.
- Je pense que vous voulez me demander pourquoi j'ai démoli Abel? continua Caïn.
- Mon Dieu!... dis-je. Entre nous, la version des journaux me paraît louche.
- C'est tous les mêmes, dit Caïn. Tous menteurs et compagnie. On leur raconte, ils ne pigent pas, et en plus, ils se relisent mal parce qu'ils écrivent comme des cochons. Ajoutez à ça l'intermédiaire du rédacteur en chef et des typos, et vous voyez que ça va loin.
- Au fait, dis-je. La vérité sur l'affaire.
- Abel? demanda Caïn. C'était une sale dégueulasse.
- Une? m'étonnai-je.
- Parfaitement, dit Caïn. Ça vous épate peut-être? Vous allez aussi jouer à Paul Claudel et me dire que vous ignoriez les tendances de M. Gide après avoir correspondu quarante ans avec lui?
- Ça serait pour ça, demandai-je, que Gide a reçu le prix Nabel?
- Juste! dit Caïn. Mais je vais vous raconter.
- Nous ne risquons pas d'être interrompus par le gardien? demandai-je.
- Pensez-vous, dit Caïn. Il sait bien que
"

27 décembre 2011

29/40: Le Feu des origines

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On suit Mandala Mankunku de sa naissance à sa mort et avec lui c'est une partie de l'histoire sanglante du Congo, son pays. D'une culture traditionnelle à la modernité en passant par une colonisation meurtrière et esclavagiste, notre héros, au bout de sa longue vie riche en événements se demande quelle est la place de l'homme et si la vie a un sens?
Poésie et réalisme se mêlent dans cette histoire que ceux qui regrettent le temps des colonies devraient bien lire.

A propos de l'auteur:
Emmanuel DONGALA est né en 1941, de père congolais et de mère centrafricaine. Il a passé son enfance et son adolescence au Congo, fait des études aux Etats-Unis et en France et enseigné la chimie à l'université de Brazzaville.
Il vit aujourd'hui avec sa famille aux Etats-Unis où il est professeur de chimie et de littérature africaine francophone. Un film a été réalisé à partir de l'un de ses romans "Johnny Mad Dog" sur les enfants-soldats.

p.99

"cet homme est propre. Laisse-le repartir et nous en discuterons comme à l'accoutumée, en présence de tout le monde et en particulier de Mankunku."
Le nom de Mankunku déclenche la colère de Bizenga. Les conseillers, surpris, écoutent, tête baissée.
"Mandala Mankunku, Mandala Mankunku, n'y a-t-il que lui dans le pays? Qui l'a élevé, qui lui a enseigné ce qu'il connaît? Qui est le chef ici? Ne comprenez-vous pas que les choses ont changé, que le monde a changé? Ne voyez-vous pas que notre petit monde clos est fini? N'êtes-vous pas assez intelligents pour comprendre que notre salut, nos futures richesse et puissance reposent sur cet homme? Mandala Mankunku, Mandala Mankunku,j'en ai assez! Assez! Cet homme nous offre des fusils, des tissus, la paix, l'amitié; il est prêt, lui et ses frères, à se faire tuer pour nous au cas où les voisins nous attaqueraient, et que vous demande-t-il en échange? Quelques pièces d'ivoire, un peu de sève de caoutchouc sauvage qui pousse tout seul! Et vous voulez refuser cela?" (L'interprète traduit.)
L'étranger est content de voir la soumission des trois conseillers. Leur velléité de révolte n'est pas allé bien loin. Il tient le chef, le chef les tient. Il déploie deux copies de la feuille de papier, il s'approche de Bizenga et, l'index courant sur le document, explique en bon ami:
"Ce que vous voyez là est mon nom. Vous allez tracer ici le signe X sous votre nom que j'ai écrit là
"

16 décembre 2011

28/40: Une canne à pêche pour mon grand-père


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Recueil de six nouvelles. Souvenirs, bonheurs simples.
J'ai beaucoup aimé la dernière nouvelle, intitulée "Instantanés" qui procède comme un appareil photo visant une partie du paysage ou au hasard une personne ou une autre, revenant vers certaines, les surprenant dans leur quotidien, dans leur simplicité.

p. 99

"encore quelques pommes rouges qui n'ont pas été cueillies. Non loin, le gazouillis d'un ruisseau.

Une fillette aux pieds nus, un seau à la main, apparaît sous la première rangée de pommiers; elle a l'air affairée. Elle est vêtue d'une petite veste croisée grenat et d'un pantalon de toile fleurie, roulé sous les genoux. Elle porte deux longues tresses. Ses yeux noirs brillants semblent disproportionnés par rapport à son petit visage. Elle reste interdite, comme si elle hésitait à avancer davantage. A ce moment-là, les alentours sont déserts.

Un petit arbre se balance dans le vent, des mottes de terre jaillissent, une fumée noire et de la poussière s'élèvent dans le ciel qui s'assombrit aussitôt. Un avion passe. Tirs de mitrailleuses et explosion de bombes suivis des pleurs des bébés et des plaintes des femmes.

Plusieurs petits garçons font cercle, accroupis sur le sol, autour d'une pelle en fer. Ils observent cette pelle qu'un pied enfonce dans la terre. Une pelletée de terre est retirée, puis elle est brisée avec le tranchant. L'opération est renouvelée plusieurs fois. Un grand garçon se penche et ramasse dans la terre éparpillée une douille de cartouche de mitrailleuse qu'il essuie sur ses vêtements avant de la fourrer dans sa poche. Il reprend la pelle et va creuser un peu plus loin. Parmi les petits garçons qui l'entourent, l'un d'eux tourne la tête. Le sol est perforé d'une série de trous.

Le bruit continu de l'eau qui coule, l'eau noire de la mer qui glisse irrésistiblement sur les marches d'escalier.
"

10 décembre 2011

27/40: Les Chiens et les Loups


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La destinée des personnages de ce roman est étroitement liée à l'Histoire. Comme de nombreux Juifs, ils doivent fuir les pogroms russes pour Paris. Mais c'est aussi une histoire d'amour entravée par une société hiérarchisée par l'argent. Histoire, sentiment, société, révolte... Un régal!

p.99:

"hommes tombaient amoureux de Lilla, mais, par une dérision du sort, elle ne rencontrait que des pauvres: de petits-bourgeois mariés, tenus à l'avarice et à la prudence, ou de médiocres aventuriers. Lorsque Ada eut quinze ans et devint jolie, sa tante éprouva pour elle une aversion profonde. Ada répondait avec insolence: c'était, depuis son enfance, son arme la plus sûre. Chose étrange! Seule une repartie vive et spirituelle, aussi impertinente qu'il était possible à Ada d'en trouver, faisait tomber la colère de la vieille femme. Elle ne demeurait pas en reste d'ailleurs; elle avait toujours eu une langue acérée, et elle était reconnaissant à sa nièce de lui en permettre l'usage, comme un duelliste de profession se réjouit de voir, en face de lui, sur le terrain, un adversaire habile. Malheureusement, elle avait le défaut commun aux femmes: elle s'enivrait de sa victoire. Avec elle, les scènes ne cessaient jamais, et, douée d'une mémoire implacable, elle n'abandonnait pas les griefs anciens pour les nouveaux, ce qui lui faisait reprendre et enrichir inlassablement les mêmes thèmes, en variant toutefois les termes avec une véritable conscience artistique. Ainsi une guêpe bourdonne longuement autour de vous, après avoir enfoncé son dard dans vos chairs. Sa nièce lui tenait tête, mais, surtout, Ada se réfugiait de plus en plus dans une vie intérieure si profonde et étrange que rien ne pouvait réellement l'offenser ou la meurtrir. Lorsque tante Rhaïssa l'invectivait, elle parvenait, à force de volonté, à regarder ce visage aigre, intelligent et dur non en fille maltraitée, mais en peintre, et elle reproduisait ensuite sur une page arrachée d'un cahier chaque trait qui s'était fixé dans sa mémoire."

09 décembre 2011

L'Illuminé





"L'illuminé" II - Marc Hollogne

Le principe est génial. Du cinéma-théâtre réglé à la perfection.
Beaucoup de trouvailles, d'humour mais le contenu est trop bavard et j'ai trouvé un peu lourd la répétition de la confrontation entre Casignac (le héros) et Leauvive. Elle est racontée une première fois en détail par une employée de maison à la fille de la Comtesse et une 2e fois, on la vit en "direct".
Malgré ses défauts, cela reste un spectacle vraiment original.

Happy Feet 2

Très sympa mais 1h40 pour des Petits, c'est trop long!